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Bulletin Quotidien Europe N° 11119
INSTITUTIONNEL / (ae) commission

La visite de M. Juncker est appréciée, mais n'a pas convaincu l'ELDD

Bruxelles, 10/07/2014 (Agence Europe) - Les députés européens du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD) ont apprécié la démarche du candidat désigné par le Conseil européen pour la présidence de la future Commission, Jean-Claude Juncker, venu discuter avec le groupe le plus 'euro-critique' du PE. Selon le co-président du groupe, le Britannique Nigel Farage, cela en dit long sur lui en tant que personne, mais le contenu présenté par M. Juncker n'a pas convaincu.

« Il nous a choqué et est clairement en train d'essayer de charmer le vote sceptique du PE en reniant l'existence d'un peuple européen », a déclaré M. Farage dans une déclaration publiée peu après.

Lors d'un échange plutôt cordial, le Luxembourgeois a déclaré que le peuple européen n'existait pas, dans le sens où les peuples nationaux existent.

Soulignant l'importance du principe de subsidiarité, il a déclaré vouloir une Europe « juste pour tout le monde ». « Je ne veux pas à tout prix amasser le plus grand nombre de compétences à Bruxelles », a-t-il assuré, précisant qu'un fédéraliste au sens où il l'entend veut décentraliser ce qui n'a pas sa place au niveau du centre et centraliser les éléments de souveraineté qui peuvent être mieux exercés une fois conjugués.

Il a répété vouloir un 'fair deal' avec le Royaume-Uni, du moment que ce dernier ne bloque pas la zone euro, si elle désire « augmenter sa cohérence interne ». Et de préciser également que la libre circulation des personnes n'était pas négociable. Il a précisé qu'il appartenait aux États membres de lutter contre les abus, mais qu'il n'y avait pas de raison de s'éloigner de ce principe. M. Farage a jugé M. Juncker déconnecté de la réalité lorsqu'il dit que « l'immigration au sein de l'UE est une question marginale ». « En disant cela, il rapproche le Royaume-Uni de la porte de sortie de l'UE », a déclaré M. Farage.

Chaque délégation au sein de l'ELDD devrait prendre sa propre décision quant au fait de voter ou non pour M. Juncker le 15 juillet à Strasbourg.

Du côté britannique du groupe, on met toujours en avant le fait que le nom de M. Juncker ne s'est trouvé sur aucun bulletin de vote dans aucun pays de l'UE. Le fait qu'il soit la seule personne soumise au vote pour ce poste est également mal vu.

Les députés italiens du groupe se sont montrés critiques sur le contenu même du discours qu'a tenu devant eux le Luxembourgeois. Via sa page Facebook, Ignazio Corrao a par exemple trouvé un peu faible la réponse de M. Juncker lorsqu'il l'a interrogé sur le fait qu'un cordon sanitaire avait été dessiné pour empêcher l'ELDD d'obtenir une présidence de commission au sein du PE. La députée Isabella Adinolfi a, par ailleurs, critiqué, par le même canal, la réponse donnée sur les fonds structurels ou la 'troïka'.

Si M. Juncker a plaisanté en affirmant que le bulletin secret était à l'avantage des membres de l'ELLD, puisque personne ne saura qui d'entre eux a voté pour lui, il reste très peu probable qu'il y trouve des voix. (EL)

 

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