Bruxelles, 20/05/2014 (Agence Europe) - L'Agence algérienne des énergies renouvelables (CDER-DZ) affirme que l'UE a directement sollicité son gouvernement pour la fourniture de gaz en cas de défaillance des livraisons russes. Le 'Portail algérien des énergies renouvelables' affirme ainsi que « l'Algérie est attendue pour accroître sa contribution à l'approvisionnement de l'Europe en hydrocarbures et participer à assurer sa sécurité énergétique », citant le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. Il en a fait la confidence aux journalistes qui l'accompagnaient lors d'une visite de travail, la semaine dernière, aux Pays-Bas.
« Les Pays-Bas, très préoccupés » par la question de la sécurité énergétique de l'Europe, affichent « un intérêt particulier pour le renforcement du rôle de l'Algérie dans la préservation de cette sécurité par l'accroissement de ses approvisionnements », a expliqué le ministre à ses accompagnateurs médiatiques. « Mais l'Algérie a ses propres ambitions et perspectives », a-t-il poursuivi, selon le portail de l'agence. L'Algérie serait intéressée par « davantage d'investissements, notamment dans le domaine des technologies de pointe, pour que le potentiel économique du pays soit pleinement exploité ».
Le chef de la diplomatie algérienne a estimé que les Européens vont comprendre que la démarche de l'Algérie, qui « maîtrise sa destinée politique et économique, est une démarche appropriée pour les Algériens ».
L'Agence des énergies renouvelables publie par ailleurs la contribution d'un expert reconnu de l'économie énergétique, le Professeur Abderrahmane Mebtoul. Il marque les limites du potentiel du pays. La question est « non d'offre, mais de demande » dans un contexte de crise mondiale. L'Algérie est, rappelle-t-il, « le troisième fournisseur de gaz de l'Europe (13 à 15%), après la Russie et la Norvège. Elle peine toujours à maintenir le niveau des volumes exportés au-dessus de 60 milliards de mètres cubes » exportés entre 2001 et 2008. « Les prix élevés cachent, en réalité, une baisse du volume exporté. Le potentiel d'offre exportable demeure, à son avis, tributaire de l'évolution des coûts et des prix internationaux ». Des « milliers de gisements (seraient de ce fait) non rentables ». Leur durée de vie est « également déterminée par le volume tant des exportations que de la forte consommation intérieure du fait du bas prix du gaz, un des plus bas au niveau mondial ».
Le potentiel serait donc faible, eu égard à la croissance attendue de la consommation intérieure du pays (« 25 à 30 milliards de mètres cubes de gaz et potentiellement 50 milliards de mètres cubes à l'horizon 2017-2020 », selon le Prof. Mebtoul). « Si l'on retient l'hypothèse de l'exportation de 85 milliards de mètres cubes et de 70 milliards de mètres cubes de consommation intérieure, il faudrait alors produire, dès 2017, entre 155 milliards de mètres cubes, ce qui suppose d'importants investissements qui limiteraient le financement des secteurs hors hydrocarbures », estime-t-il.
Plutôt que de concurrencer la Russie (« 1/3 des réserves mondiales de gaz conventionnel, contre 15% pour l'Iran et 10% pour le Qatar »), il propose une « entente entre Gazprom et la Sonatrach », la société étatique algérienne. L'alliance serait « nécessaire afin d'éviter une dérive des prix préjudiciable aux investissements gaziers ». Sans cela, aussi bien l'Algérie que la Russie risquent de « connaître de gros soucis concernant la commercialisation de leur gaz, surtout à compter de 2020 ». (FB)