Bruxelles, 20/05/2014 (Agence Europe) - La Russie est disposée à évoquer une éventuelle réduction du prix du gaz pour l'Ukraine, mais seulement quand Kiev aura remboursé sa dette cumulée avant le 1er avril, d'un montant de 2,237 milliards de dollars, a indiqué le ministre russe de l'Énergie, Alexander Novak, à l'issue de son entrevue avec le commissaire européen Günther Oettinger, lundi 19 mai à Berlin.
« La partie russe continue de respecter ses engagements tant à l'égard de l'Ukraine que des consommateurs européens. Au 19 mai, la dette (ukrainienne) n'est toujours pas remboursée. Nous constatons qu'aucune facture n'a été réglée pendant plus de deux mois. Tant l'Ukraine que la Commission nous ont confirmé la dette existante au 1er avril (de 2,2 milliards de dollars, NDLR), au niveau des quantités de gaz livré et de leur prix », a expliqué M. Novak devant la presse, après cette réunion préparatoire à la prochaine réunion ministérielle trilatérale entre la Russie, l'Ukraine et l'UE sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz russe, en lien avec la dette ukrainienne à l'égard du gazier russe Gazprom.
« Nous pouvons discuter des réductions sur cette somme si des mécanismes pour régler la dette de l'Ukraine et assurer davantage sa solvabilité peuvent être trouvés », a ajouté M. Novak. « La partie russe juge impossible d'utiliser le prix de 268,5 dollars pour 1 000 mètres cubes de gaz dans les discussions sur les prix: c'était le prix pour le premier trimestre établi par un contrat qui n'a pas été prolongé. Nous avons le contrat et une formule de prix fixe dans ce contrat en vertu duquel le prix est de 485 dollars les 1 000 mètres cubes. C'est le prix qui peut être considéré », a toutefois précisé le ministre russe. « Nous ne comprenons pas les raisons de soulever cette question. Le prix de 268,5 dollars ne peut pas être considéré dans les circonstances actuelles, car il ne correspond même pas à la moyenne des prix du marché européen », a-t-il ajouté.
La Russie réclame, depuis le 1er avril, un prix de 485 dollars les 1 000 mètres cubes pour le gaz qu'elle fournit à l'Ukraine, tandis que Kiev veut revenir aux 268,5 dollars négociés à la mi-décembre entre Kiev et Moscou, avant la destitution de l'ex-président ukrainien Viktor Ianoukovitch, en février.
Refusant de payer le gaz russe au nouveau tarif demandé, l'Ukraine n'a toujours pas soldé sa facture à l'égard du gazier russe Gazprom pour les trois derniers mois, de 2,2 milliards de dollars. La Russie menace désormais de réduire ses livraisons de gaz à l'Ukraine faute de prépaiement, en mai, des fournitures de juin. Avec ce prépaiement en mai, la dette cumulée par l'Ukraine atteint désormais 3,5 milliards de dollars.
L'UE, qui importe 25% de son gaz de Russie, dont près de la moitié transite par l'Ukraine, ne veut pas courir le risque d'une nouvelle perturbation des livraisons de gaz russe, comme lors des différends gaziers russo-ukrainiens de 2006 et 2009.
Lundi, le commissaire Oettinger a, de son côté, fait part de « progrès ces derniers jours sur un certain nombre de problèmes », mais précisé qu'il n'y avait « toujours pas d'accord ». La prochaine ministérielle à trois avec le ministre ukrainien de l'Énergie, Iouri Prodan, se tiendra le 26 mai, possiblement à Berlin, l'objectif restant de parvenir à une solution au différend gazier russo-ukrainien d'ici la fin mai. (EH)