Bruxelles, 20/05/2014 (Agence Europe) - Le rapport de la Commission européenne sur les taxes aéroportuaires a jeté un pavé dans la marre (EUROPE 11082). Pour les aéroports, la directive européenne en la matière a rempli sa mission. Pour les compagnies aériennes, son application doit en revanche impérativement être améliorée.
Ce rapport met en lumière le patchwork des taxes aéroportuaires en Europe, résultant d'une mise en oeuvre de la directive 2009/12/CE qui diverge selon les États membres. Les compagnies aériennes européennes, qu'elles soient régionales, low cost, ou traditionnelles, ont saisi l'occasion pour faire part de leurs griefs à cet égard. Leurs fédérations européennes (AEA, ERA, ELFAA, IACA) regrettent que la Commission n'ait pas assorti son rapport de propositions concrètes pour remédier à la situation. « Nous avons besoin de taxes aéroportuaires plus efficaces qui sont établies de façon transparente, basées sur une concertation valable entre les aéroports et les compagnies aériennes, qui sont sujettes à une véritable supervision indépendante », ont-elles réagi.
Contacté par EUROPE, un de leur porte-parole résume la situation: si les prix des billets ont baissé ces dernières années, les taxes aéroportuaires, elles, n'ont cessé d'augmenter. « On demande à la Commission d'être plus stricte vis-à-vis des aéroports. Elle doit agir comme régulateur », a indiqué cette source. Avec le forum à venir à Thessalonique sur le sujet le 13 juin, les compagnies aériennes espèrent « trouver des solutions », axées sur la transparence, la concertation et la mise en oeuvre, a confié cette source, sinon « une révision sera nécessaire, mais nous ne l'espérons pas car cela prend du temps ».
Les compagnies aériennes se sentiraient donc prises au piège par la situation monopolistique naturelle des aéroports. Ceux-ci pourtant s'en défendent. Le Conseil des aéroports européens, ACI Europe, estime qu'il y a bien eu un déplacement du pouvoir de négociation vers les compagnies aériennes, depuis la directive, signe que la législation a accompli sa mission. Dès lors, le secrétaire de l'association, Olivier Jankovec, recommande lui de « reconsidérer l'objectif de la régulation ». Et ACI Europe de mettre en garde contre le risque que la directive soit prise dans la tourmente, diminue les interactions commerciales normales et restreigne la concurrence à l'avenir. (MD)