Bruxelles, 20/05/2014 (Agence Europe) - L'assurance de la qualité doit être absolument préservée lorsqu'il s'agit d'éducation transfrontière, ont insisté les ministres de l'Éducation, réunis mardi 20 mai à Bruxelles pour une session formelle du Conseil, au cours d'un débat organisé par la présidence grecque. Ils ont également jugé nécessaire la mise sur pied d'une plate-forme européenne pour garantir cette qualité. Si les États membres et l'Union européenne ont acquis une certaine expérience en matière de mobilité des étudiants, il n'en va pas de même pour l'éducation transfrontière, qui offre beaucoup d'avantages mais aussi des défis, a souligné la commissaire Androulla Vassiliou, responsable de l'Éducation. Il y a encore des lacunes à combler pour que les apprenants puissent profiter d'un système performant avec, comme élément central, la qualité des programmes et des diplômes à tous les niveaux de l'enseignement, fondamental, supérieur et professionnel, a poursuivi la commissaire. Beaucoup d'États membres ont déjà mis en place des accords bilatéraux en matière d'enseignement avec d'autres États membres ou des pays tiers, comme le débat l'a montré, a souligné le ministre grec de l'Éducation et des Cultes, Athanasios Kyriazis, et « nous sommes arrivés à définir plus clairement ce qu'il convient de faire en matière d'éducation dans les années à venir ». « C'était un débat fouillé (…) qui va alimenter nos réflexions futures », s'est-il réjoui.
L'éducation et la formation transfrontière sont un phénomène nouveau lié à la mondialisation. C'est le fait, pour les prestataires d'éducation et de formation (universités, établissements d'enseignement supérieur), de se rendre dans d'autres pays afin d'y dispenser des programmes d'études. Ceci sous une forme traditionnelle, avec des professeurs qui dispensent concrètement les cours aux élèves, ou par des moyens numériques ou en ligne, ou en combinant ces deux méthodes (« blended learning »). Le défi essentiel de ce tout nouveau type d'enseignement, qui se pose dans tous les États membres, porte sur la qualité. De nombreux États membres ont déjà conclu des partenariats avec d'autres pays en matière d'enseignement et les agences nationales examinent, avec plus ou moins de succès, la qualité des programmes et des diplômes. Au cours du débat, les ministres et les représentants des gouvernements ont appelé à davantage de coopération des agences nationales d'assurance qualité pour l'évaluation et la certification de ces nouveaux modes d'apprentissage. Cette collaboration est en effet nécessaire pour que les critères de qualité exigés soient homogènes et pour assurer la reconnaissance des diplômes. Ils souhaitent également, du côté de l'Union européenne, que la Commission soutienne les efforts nationaux, qu'elle poursuive sa réflexion sur cet aspect de l'éducation et continue à promouvoir des instruments utiles comme le classement des universités U-Multirank, qui vient de voir le jour.
En amont du débat, le Conseil a adopté des conclusions sur « l'assurance de la qualité à l'appui de l'éducation et de la formation » dans lesquelles il dresse le bilan des initiatives en matière d'assurance de la qualité qui ont déjà été adoptées dans les secteurs de l'enseignement supérieur, de l'enseignement et de la formation professionnels. Dans ces conclusions, il envisage également dans quelle mesure des dispositifs d'assurance de la qualité pourraient être élaborés dans d'autres secteurs de l'éducation et de la formation, tels que les écoles, l'apprentissage par le travail et l'éducation non formelle. Promouvoir la qualité dans tous les secteurs du système d'éducation et de formation est, en effet, une priorité majeure pour tous les États membres. Par ailleurs, la qualité et la transparence sont indispensables non seulement au niveau national, mais également au niveau européen, étant donné que de plus en plus d'étudiants participent à des programmes de mobilité transfrontières, en particulier ceux qui sont financés par le nouveau programme Erasmus+, soulignent encore les conclusions. (IL)