Bruxelles, 27/02/2014 (Agence Europe) - Le Parlement européen a condamné, jeudi 27 février, tous les actes de violences perpétrés au Venezuela, actuellement confronté à une crise politique violente née d'un ras-le-bol contre l'insécurité rampante et les déboires économiques du pays marqués par une inflation galopante.
Déplorant la douzaine de morts tragiques, les eurodéputés se sont prononcés en faveur de l'envoi, « dans les plus brefs délais », d'une délégation ad hoc du Parlement européen dans le pays sud-américain.
Les députés invitent toutes les parties et composantes de la société vénézuélienne à éviter un regain de violence qui polariserait davantage le gouvernement et l'opposition. Les autorités vénézuéliennes doivent garantir la sécurité de tous ainsi que désarmer et dissoudre immédiatement les groupes armés progouvernementaux et mettre fin à leur impunité, affirme la résolution qu'ils ont adoptée.
La liberté d'expression et le droit de manifester pacifiquement étant reconnus par la constitution vénézuélienne, les étudiants et dirigeants de l'opposition arrêtés doivent être immédiatement relâchés, les accusations infondées et les mandats d'arrêt émis contre des figures de l'opposition doivent être retirés, et les libertés de la presse, d'information et d'opinion doivent être garanties, affirment encore les eurodéputés.
C'est au président Maduro d'affronter les défis majeurs auxquels fait face le Venezuela, à savoir une inflation galopante à 56%, des pénuries de denrées alimentaires dans un pays producteur de pétrole et un niveau record de crimes et d'insécurité, a déclaré le commissaire à de la Fiscalité, Algirdas Semeta, au nom de la Commission européenne. Selon l'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa, « le Venezuela est un pays en recul », a noté José Salafranca (PPE, espagnol), pour qui la situation actuelle dans le pays est le résultat d'années de politique de confrontation et de politique de change désastreuse.
La gauche européenne soutient mordicus le pouvoir en place. « C'est la même histoire qu'en 2002, avec le même scénario. Des groupes fascistes montent un coup d'État avec l'assistance de forces subversives américaines qui apportent un financement », affirme Inês Cristina Zuber (GUE/NGL, portugaise), faisant état de documents attestant cette version des faits. « Le Venezuela a essayé de jouer la carte du progrès mais, bien sûr, cela porte préjudice aux intérêts de multinationales et maintenant cette tentative de coup d'État est chapeautée par la droite », a-t-elle ajouté. (MB)