Bruxelles, 27/02/2014 (Agence Europe) - Alors que des hommes armés ont pris le contrôle de bâtiments officiels à Simféropol, capitale de la Crimée, le 27 février au matin, la Commission a rappelé, le jour même, l'importance de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. « Toutes les parties et parties prenantes doivent travailler pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine, c'est quelque chose de très important, l'intégrité devrait être respectée par tous », a rappelé le porte-parole de la Commission. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a appelé la Russie à éviter d'exacerber les tensions, rappelant que le Parlement soutient pleinement l'unité et l'intégrité territoriales de l'Ukraine et appelle les pays tiers à les respecter. « Très inquiet des développements en Crimée », le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a exhorté la Russie « à ne prendre aucune action susceptible d'accroître les tensions ou de créer de l'incompréhension ». Les ministres de l'OTAN, réunis à Bruxelles, ont demandé à la Russie de s'abstenir de toute action qui pourrait conduire à la déstabilisation de l'Ukraine, en particulier la Crimée, et de s'abstenir de déplacer les unités de la flotte basée à Sébastopol.
Les 47 gouvernements membres du Conseil de l'Europe, dont la Russie, ont souligné leur engagement au plein respect de l'intégrité territoriale, de l'unité et de l'indépendance de l'Ukraine. Les États-Unis ont aussi appelé la Russie à respecter l'intégrité territoriale du pays.
Mme Ashton devrait rencontrer le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, le 6 mars.
Priorité au soutien à la stabilité du pays
Par ailleurs, la Haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, qui va se rendre une nouvelle fois à Kiev lundi 3 mars pour y rencontrer le nouveau gouvernement dirigé par Arseniy Iatseniouk et le président par intérim, a souligné, le 26 février, que « la priorité immédiate doit être de soutenir la stabilité de l'Ukraine, à la fois économiquement et politiquement », à l'issue de la réunion à haut niveau avec plusieurs commissaires [la réunion s'est tenue en présence de cinq commissaires (Affaires économiques Olli Rehn, Commerce Karel De Gucht, Budget Janusz Lewandowski, Aide humanitaire Kristalina Georgieva et Développement Andris Piebalgs), des représentants de trois commissaires (Élargissement Stefan Füle, Justice et Affaires intérieures Cecilia Malmström et Énergie Günther Oettinger) et de ceux des présidents de la Commission et du Conseil européen ]. Lors de cette réunion, le soutien économique que l'UE pourrait apporter à l'Ukraine, à la fois à court et moyen termes, a été examiné tout comme les moyens de faciliter les contacts humains et les besoins énergétiques du pays. Mme Ashton a « invité » le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, a être le « point focal » côté européen, pour coordonner les efforts de soutien financier avec le FMI et les autres institutions financières internationales, les États membres et les États tiers.
Alors que l'UE ne veut toujours pas chiffrer son aide potentielle, les États-Unis ont annoncé, le 26 février, être en train de formuler une garantie sur un prêt d'un milliard de dollars, précisant que l'UE réfléchit à un prêt de 1,5 milliard de dollars. Un chiffre démenti par un haut diplomate de l'UE. De son côté, la Russie a annoncé qu'elle participerait aux discussions sur la constitution d'un plan d'aide du Fonds monétaire international (FMI) en faveur de l'Ukraine. Le FMI a d'ailleurs annoncé avoir reçu une demande d'aide officielle de l'Ukraine et s'est dit « prêt à y répondre ». Le FMI va envoyer une mission dans le pays « dans les prochains jours ». (CG avec JK)