Bruxelles, 12/02/2014 (Agence Europe) - L'exécutif européen et la direction de l'OMC espèrent l'entrée en vigueur de l'accord sur la facilitation des échanges d'ici la fin juillet.
En visite auprès des institutions européennes, mercredi 12 février à Bruxelles, le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo, a obtenu des assurances fermes, de la part de la Commission comme du Parlement européen, de l'engagement de l'UE à mettre en oeuvre l'accord partiel sur le round de Doha conclu lors de la conférence ministérielle OMC de Bali, en décembre 2013, communément appelé le « paquet de Bali ».
« L'UE est fermement attachée au système commercial multilatéral. La Commission a apporté une contribution très importante à la réussite de la conférence de Bali, et j'ai félicité M. Azevedo pour le rôle décisif qu'il a joué dans la négociation de cet accord. Nous nous engageons à l'aider à revitaliser le système commercial multilatéral. L'expansion des opportunités commerciales reste l'une des principales sources de la croissance mondiale. C'est pourquoi le commerce est une partie intégrante du programme de l'UE pour soutenir la croissance économique et la création d'emplois », a commenté le président de la Commission, José Manuel Barroso, à l'issue de son entretien avec le diplomate brésilien. « La priorité immédiate pour la communauté du commerce international doit être de mettre pleinement en oeuvre le train de mesures adopté à Bali. Les pays membres de l'OMC ont prouvé qu'ils sont prêts à faire du business. L'accord sur la facilitation du commerce doit être mis en place d'ici la fin juillet. Un effort important est également nécessaire pour préparer le programme de travail visant à achever le round de Doha », a ajouté M. Barroso.
Le « paquet de Bali » se résume comme un ensemble de mesures pour simplifier les échanges, offrir aux pays en développement plus d'options pour assurer la sécurité alimentaire, stimuler les échanges des pays les moins avancés (PMA) et, plus généralement, favoriser le développement. Cet accord historique, le premier accord multilatéral depuis la création de l'OMC en 1995, pourrait générer un trillion de dollars par an de gains pour le PIB mondial. Le point central de cet accord partiel sur le round de Doha est un accord sur la facilitation des échanges, qui comprend un ensemble de règles contraignantes pour simplifier et alléger les procédures douanières et ainsi faciliter les flux commerciaux. Cet accord partiel sur l'agenda de Doha comprend aussi un « paquet développement » et il remet les pendules à l'heure sur le volet agricole du round de Doha, en incluant notamment une décision sur les stocks publics à des fins de sécurité alimentaire. (EUROPE 10980).
S'exprimant auparavant devant la commission commerce international du Parlement européen, présidée par Vital Moreira (S&D, portugais), M. Azevedo a souligné l'importance de « mettre pleinement en oeuvre le 'paquet de Bali' dès 2014 », réitérant ses propos prononcés devant les ambassadeurs des pays membres de l'OMC, le 6 février (EUROPE 11014). Saluant la contribution de l'UE au succès de la conférence de Bali, le diplomate brésilien a aussi souligné la flexibilité notable des États-Unis. « [Ils] ont montré un attachement très fort à nos efforts. Ils ont fait tout leur possible pour y arriver (…) L'engagement et la participation des États-Unis à Bali sont dus à leur impression que nous pouvions arriver à obtenir quelque chose si nous tenions bon. La distance perçue depuis 2008 était due à leur manque de confiance dans le système », a-t-il estimé.
Mais M. Azevedo a aussi mis en garde Européens et Américains, qui négocient un ambitieux accord bilatéral de libre-échange, le TTIP, du risque que « la prolifération des réglementations et des normes » issue de la multiplication des accords bilatéraux, qu'il juge néanmoins « complémentaires » à l'OMC, « tende à multiplier les coûts des échanges plutôt qu'à les réduire ». (EH)