Bruxelles, 12/02/2014 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a fait part, les 10 et 11 février, de ses inquiétudes concernant le choix par l'Inde d'une loi antiterroriste contre les deux marins italiens qui auraient tué deux pêcheurs, les prenant pour des pirates, en février 2012.
« Ce qui est le plus inquiétant, c'est que la loi qui semble être utilisée suggère qu'il s'agit de terrorisme, ce qui a d'énormes implications pour l'Italie, mais aussi d'énormes conséquences pour tous les pays engagés dans des activités anti-piraterie », a expliqué Mme Ashton à l'issue du Conseil Affaires étrangères. « Je pense que les collègues doivent maintenant être très inquiets », a-t-elle estimé. « C'est alarmant pour l'Italie et tous les pays de l'UE », a-t-elle ajouté lors d'une rencontre au Parlement européen, le 11 février. « Si on dit que ce qu'ont fait les marins italiens relève du terrorisme, cela aura des conséquences sur toutes les actions de contre-terrorisme », a-t-elle expliqué. Avant d'ajouter: « L'Italie pourrait se retrouver sur la liste des pays terroristes, c'est inimaginable sous quelque forme que ce soit. »
À l'issue du Conseil, Mme Ashton a précisé que l'UE reste très ferme dans son appui pour régler cette question d'une manière directe et rapide. Elle a rappelé avoir soulevé le cas des deux marins à de nombreuses reprises avec les autorités indiennes et que l'UE est très active sur le terrain avec l'Italie.
Pour la ministre des Affaires étrangères italienne, Emma Bonino, il n'est plus seulement question d'innocence des marins mais aussi de l'image de l'UE, considérant qu'il est « inacceptable » d'accuser un État de l'UE de terrorisme.
Le Premier ministre italien, Enrico Letta, a lui aussi jugé « inacceptable » le choix de la Cour suprême indienne d'appliquer une législation antiterroriste à ces deux marins italiens et lui a demandé d'« examiner l'affaire dans sa correcte dimension ». Si la Cour suprême « validait » l'application de la loi anti-piraterie, qui assimilerait l'incident à un acte de terrorisme, « cela aurait des conséquences négatives dans les relations (de l'Inde) avec l'Italie et l'UE avec des répercussions tout aussi négatives sur la lutte mondiale contre la piraterie», a expliqué le gouvernement dans une note officielle. (CG)