Bruxelles, 10/12/2013 (Agence Europe) - La vigilance des créanciers de l'Irlande continuera tant que le pays, qui sort à peine de son plan de sauvetage, n'aura pas remboursé 75% de sa dette.
L'Irlande est désormais de nouveau soumise aux procédures normales prévues par le Pacte de stabilité et de croissance renforcé par le paquet législatif 'two pack'. Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a évoqué la tenue, deux fois par an, de missions des créanciers à Dublin afin d'évaluer la situation économique, budgétaire et financière de l'Irlande « jusqu'à ce qu'au moins 75% des prêts soient remboursés ». « Sans nouvelle conditionnalité », a-t-il aussi souligné. Pour Klaus Regling, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) qu'il dirige « doit protéger ses ressources » en s'assurant, chaque trimestre, que le pays sorti du programme est capable de rembourser la dette contractée. « Nous irons sur place mais avec un mandat réduit », a-t-il ajouté. La maturité des prêts irlandais est de 22 ans.
Endossant la 12ème mission de suivi de la 'troïka' (Commission européenne, FMI, BCE), l'Eurogroupe a salué la mise en oeuvre rapide du programme par les autorités irlandaises. « L'achèvement imminent du programme irlandais est la preuve que notre stratégie produit des résultats », estime-t-il. Tout plan de sauvetage a un début et une fin: la transition de la 1ère à la 2ème étape étant d'autant plus douce que l'application du programme d'ajustement en échange de l'aide est « déterminée », a estimé M. Rehn. Un message semi-voilé aux autorités des pays sous programme sujets aux soubresauts politiques. Le pays recevra deux ultimes tranches, l'une de 800 millions d'euros du mécanisme communautaire MESF et l'autre de 600 millions du FMI. Le fonds de sauvetage provisoire FESF aura versé 17,7 milliards d'euros à Dublin.
Avant de décider de sortir purement et simplement de son plan de sauvetage, l'Irlande a un temps envisagé de faire appel à un soutien du Mécanisme européen de stabilité (MES) sous la forme d'une ligne de crédit préventive (EUROPE n°10964). Cette aide lui aurait permis de faire baisser davantage ses coûts de refinancement, mais les autorités irlandaises craignaient les mesures conditionnelles qu'elles auraient dû appliquer en échange d'un tel soutien et ont préféré transmettre à leurs citoyens un message de réussite. (MB)