Bruxelles, 10/12/2013 (Agence Europe) - En visite auprès des institutions de l'Union européenne, ces 9 et 10 décembre, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a dit sa détermination à oeuvrer à la réconciliation nationale et au développement durable de son pays en rétablissant la sécurité et en construisant l'état de droit, avec l'aide de ses partenaires, et a donné des gages de l'utilisation à bon escient des fonds. De ses interlocuteurs, Hermann Van Rompuy, président du Conseil européen, Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement et Martin Schulz, président du Parlement européen, il a obtenu l'assurance que l'UE poursuivra son soutien. L'annonce par le commissaire Piebalgs de nouveaux financements, notamment 12 millions d'euros pour appuyer la réforme de la justice, et une enveloppe de 615 millions pour la période 2014-2020 ont témoigné de cet engagement à aider le gouvernement malien dans sa tâche, au-delà de la concrétisation en cours des promesses faites le 15 mai dernier par l'UE d'allouer 1,350 milliard d'euros (dont 524 millions de la Commission) pour la mise en oeuvre du plan de relance durable du Mali (PRED).
Devant le Parlement européen, mardi 10 décembre à Strasbourg, à quelques jours du deuxième tour des élections législatives prévues le 15 décembre prochain, Ibrahim Boubacar Keïta a remercié l'UE de son aide pour la restauration de l'intégrité territoriale du Mali et insisté sur le besoin urgent de reconstruire les forces de sécurité. « Une armée faible, des forces de sécurité corrompues ne peuvent affronter l'hydre de la criminalité. L'UE s'est portée à notre secours. La conférence des donateurs pour le relèvement du Mali a promis 3,2 milliards d'euros pour financer le plan de relance durable du Mali. Ce fut une étape décisive dans la reprise de la coopération. Le Mali l'apprécie et se félicite de la décision de l'UE de porter son appui budgétaire de 25% à 50%. Nous comptons sur vous pour l'allégement des procédures de décaissement. Nous sommes dans l'urgence absolue, alourdie par les décaissements difficiles », a-t-il dit. Et d'ajouter: « Le Mali est déterminé à trouver les mécanismes les plus idoines pour la transparence et l'efficacité de l'aide internationale. Nous n'accepterons plus ce qui a conduit à l'effondrement de mars. Nous voulons construire un état de droit. Nous avons décrété la corruption tolérance zéro. Cette confiance ne sera pas galvaudée ».
Lors de sa rencontre avec Andris Piebalgs, lundi 9 décembre, le président malien avait été informé de l'approbation de nouveaux projets en appui aux priorités de son gouvernement, à savoir: - un projet d'appui à la réforme structurelle de la justice malienne doté d'un financement de 12 millions d'euros qui permettra notamment la réhabilitation ou la reconstruction de certains tribunaux et facilitera la mise en oeuvre d'une politique pénale homogène ainsi que la délivrance d'une justice de qualité sur l'ensemble du territoire en associant les organisations de la société civile, la Commission nationale des droits de l'homme et le Médiateur de la République à la réforme ; - la reprise des travaux des 565 km de route entre Bamako et Tombouctou à partir de janvier 2014 (32 millions d'euros).
« Comme il n'y a pas de développement sans sécurité, nous sommes engagés aux côtés des autorités maliennes pour les aider à sortir de la crise et stabiliser le pays. La justice constitue un secteur clé de la bonne gouvernance et du processus de réconciliation nationale car elle permettra de lutter contre l'impunité », avait déclaré le commissaire.
Un programme de prévention des conflits, doté de 5 millions d'euros, sera encore approuvé avant la fin de l'année. Et pour la période 2014-2020, l'appui de l'UE se poursuivra via la mobilisation de 615 millions d'euros pour la réforme de l'État, la sécurité alimentaire, l'éducation et la construction de la route reliant Gao et Kidal à l'Algérie.
Sur les 524 millions d'euros promis par la Commission européenne à la conférence des donateurs pour le développement du Mali le 15 mai dernier à Bruxelles, la Commission a déjà engagé 468 millions d'euros et déjà décaissé 208 millions d'euros, notamment pour l'appui direct au budget de l'État malien, le soutien au processus électoral et l'appui à la fourniture des services sociaux de base à la population. La prochaine réunion internationale de suivi aura lieu à Bruxelles en février 2014. (AN)