Bruxelles, 10/12/2013 (Agence Europe) - À partir de 2014, les femmes travailleront gratuitement jusqu'au 28 février peut-on schématiser pour illustrer les écarts salariaux entre hommes et femmes en Europe. En effet, l'écart représenterait 59 jours prestés sans rémunération par les femmes, selon un récent rapport de la Commission européenne à ce sujet, diffusé lundi 9 décembre. Une application partielle des règles européennes en la matière serait en cause. Dès lors, la Commission va dorénavant serrer la vis à coups de procédures d'infraction.
Cette année encore, les hommes auraient gagné en moyenne 16,2% de plus que les femmes pour un travail égal. Viviane Reding, commissaire européenne à la Justice, déplore que ce pourcentage ait stagné cette année encore: « L'écart de rémunération reste important et ne régresse plus. Pour ne rien arranger, les changements ont, pour la plupart, pris la forme d'une réduction de la rémunération masculine plutôt que d'une augmentation de celle des femmes ».
L'exécutif européen attribue la persistance de cet écart au manque de transparence des systèmes de rémunération, l'absence de critères clairs pour assurer l'égalité de rémunération, mais aussi à une mauvaise information des travailleurs. La transparence est donc la clé de voute pour résorber les inégalités. Surtout, les États membres devraient mieux appliquer la directive européenne « Égalité » de 2006 portant sur la question. Seuls la France et les Pays-Bas seraient en règle à ce sujet, les 26 autres États membres seront surveillés de près par la Commission européenne qui n'hésitera pas à ouvrir et/ou à poursuivre des procédures d'infraction (des demandes d'information ont déjà été introduites auprès de 23 gouvernements).
« Il est grand temps que cette égalité devienne également une réalité sur le lieu de travail », a commenté Mme Reding. Pour guider les États membres, le rapport présente également de bonnes pratiques mises en oeuvre pour lutter contre l'écart salarial dans l'UE. (MD)