Bruxelles, 10/12/2013 (Agence Europe) - La droite a eu raison du projet de résolution sur les droits sexuels et reproductifs des femmes qui préconisait l'accès à des services d'avortement, à la contraception et à l'éducation sexuelle dans tous les États membres. Verts et socialistes regrettent ce recul pour la santé et le droit des femmes, et dénoncent une campagne de manipulation pré-électorale. Le projet de rapport d'Edite Estrela (S&D, portugaise) à ce propos avait déjà fait l'objet d'une polémique en octobre. La plénière l'avait renvoyé pour examen en commission, qui l'avait à nouveau adopté sans changer une virgule à l'article relatif à l'avortement posant problème aux députés PPE, conservateurs, et d'extrême droite. Le PPE et la CRE ont alors déposé une résolution alternative stipulant que « l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques sur les droits sexuels et reproductifs et sur l'éducation sexuelle à l'école sont de la compétence des États membres ». Celle-ci a été adoptée de justesse, par 334 voix pour et 327 contre, rendant caduque la résolution initiale de la socialiste Edite Estrela. Son président, Hannes Swoboda (S&D, autrichien), s'est dit atterré, rappelant les positions antérieures du PE en faveur de choix informés et responsables pour tous « dont le droit à l'avortement ». Partageant ce principe, les Verts ont tout autant décrié la manoeuvre de la droite. Nicole Kiil-Nielsen (française) a dénoncé une « campagne de désinformation orchestrée par les mouvements ultraconservateurs » et appelé à la vigilance face à leur « montée en puissance » à l'approche des élections européennes. (MD)