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Bulletin Quotidien Europe N° 10967
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) pe

Siège, victoire symbolique des anti-Strasbourg

Bruxelles, 20/11/2013 (Agence Europe) - Les anti-Strasbourg ont été confortés, mercredi 20 novembre, lors d'un vote symbolique réclamant que le Parlement européen, en vertu d'un changement de Traité, ait le droit de décider du lieu et du moment où il siège. Un vote aussitôt critiqué par les élus français, dont le président du PPE, Joseph Daul, qui a dénoncé dans un communiqué « l'instrumentalisation, par les pourfendeurs du siège de Strasbourg, d'un rapport qui était censé examiner la localisation de l'ensemble des sièges des institutions européennes ».

Le rapport préparé par Gerald Häfner (Verts/ALE, allemand) et le député conservateur Ashley Fox (CRE, britannique) propose de lancer une procédure de révision du traité afin que le Parlement lui-même - et non les États membres à l'unanimité - décide de la fixation de son siège et de son organisation interne. Le Parlement serait « plus efficace, plus rationnel au niveau des coûts et plus respectueux de l'environnement s'il siégeait en un seul lieu », ont jugé les eurodéputés par 483 voix en faveur, 141 contre et 34 abstentions.

Ils estiment notamment que « le maintien du déplacement mensuel entre Bruxelles et Strasbourg est devenu un symbole négatif pour la majorité des citoyens européens (...), en particulier à une époque où la crise financière a entraîné des coupes importantes et douloureuses dans les dépenses des États membres ».

La résolution met l'accent sur les coûts financiers représentés par les douze périodes de sessions plénières mensuelles. Le coût de la dispersion géographique du Parlement européen (entre Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg) est « compris, selon les estimations, entre 156 et 204 millions d'euros - y compris les coûts supplémentaires du siège à Strasbourg, estimés à 103 millions. Le coût total des trois lieux de travail représente environ 10% du budget annuel du Parlement », indique la résolution. Et les émissions de CO2 liées aux déplacements entre les trois lieux de travail se situent, selon les estimations, entre 11 000 et 19 000 tonnes.

Le vote, même non contraignant, a en tout cas fait le bonheur des Verts/ALE et du groupe ADLE, partisans du rapatriement à Bruxelles. Pour les Verts/ALE, le PE a franchi un « pas important » jeudi, a expliqué le rapporteur, et gagné en autorité. « Il ne s'agit pas seulement d'en finir avec cet arrangement coûteux (…) le Parlement en a assez d'être baladé entre Bruxelles et Strasbourg, contre sa propre volonté, par les gouvernements ».

Pour Catherine Trautmann, (S&D, française), ancienne maire de Strasbourg, ce rapport « dessert » l'institution. « Comme presque toutes les assemblées au monde, le Parlement européen ne peut pas décider où il souhaite travailler car il suffirait d'une autre majorité pour changer régulièrement de siège. Si cette prérogative appartient au Conseil, qui doit décider à l'unanimité, c'est que le siège des institutions relève du droit primaire de l'Union et le processus de décision est le même pour l'ensemble des sièges ». Pour elle, il s'agit surtout d'une « débauche de temps, d'énergie et d'argent » inutile et même « navrante ». (SP)

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