Bruxelles, 20/11/2013 (Agence Europe) - La part de la région méditerranéenne dans le stock mondial d'investissements directs étrangers (IDE) tend à diminuer et serait passée, selon la CNUCED, de 3,3% en 2008 à 2,6% en 2012, note l'observatoire des investissements et partenariats en Méditerranée ANIMA-MIPO, un organisme privé qui vient de publier son rapport 2012.
Cette baisse relative dans une région où l'UE est pleinement engagée coïncide cependant avec une relative amélioration en valeur absolue « après deux années particulièrement difficiles pour une Méditerranée prise en étau entre ses crises politiques et les crises économiques mondiales », écrit l'organisme. Il affirme que « 2012 se révèle être une excellente année pour la région en termes d'attraction des IDE - la 4ème meilleure année de la dernière décennie ». « La capacité de résilience des pays se confirme: avec 37 milliards d'euros d'IDE annoncés en 2012 (soit une croissance de 36 % par rapport à 2011), les pays MED renouent avec les niveaux atteints avant 2008 et la crise financière ». Le nombre de projets « diminue en revanche légèrement, à 645 (moins 10% par rapport à 2010) », ce qui suggère, selon le rapport, qu'il y a eu « lancement de projets plus importants en moyenne que les années précédentes ».
Ces chiffres, « relativement bons si l'on considère le contexte politique et économique exceptionnel, sont cependant à relativiser », reconnaît ANIMA-MIPO. Car les résultats par pays indiquent une forte disparité. Ce sont surtout trois pays qui contribuent à cette amélioration relative. « Israël et la Turquie continuent d'affirmer leur leadership: ces deux pays pèsent en réalité pour la moitié des montants d'IDE de la région et près de 43% des projets annoncés. Avec près de 9 milliards d'euros annoncés, le Maghreb flirte avec ses plus hauts niveaux historiques, en particulier grâce aux bons chiffres de l'Algérie, qui compte pour plus de la moitié des annonces de la région. »
On relève aussi dans ce rapport une indication qui peut être considérée comme significative s'agissant de la « redistribution » des sources d'investissement. « Depuis les printemps arabes, les entreprises européennes (investisseurs historiques dans la région) s'avèrent en effet battre en retraite, au profit de celles des pays émergents qui s'intéressent chaque jour davantage au potentiel de la région. »
En deux ans, « les Européens sont ainsi passés de 45% à 26% des montants investis dans la région, cédant leur leadership aux BRIC (Russie, Inde et Chine principalement) qui deviennent en 2012 les premiers investisseurs du sud de la Méditerranée (10,7 milliards d'euros soit 28% des investissements annoncés). Le Golfe amorce quant à lui un retour remarqué (les investisseurs du Golfe sont au coude à coude avec l'Europe avec plus de 9 milliards d'euros investis), avec une reprise spectaculaire des grands projets immobiliers et bancaires, mis en suspens depuis 2008, et une volonté affichée de soutenir les nouveaux gouvernements en place. (FB)