Bruxelles, 16/07/2013 (Agence Europe) - Les ministres et représentants de ministres en charge de l'Intérieur et de la Justice se réunissent jeudi 18 et vendredi 19 juillet à Vilnius pour une réunion informelle sans gros dossier à l'agenda mais où pourraient s'inviter plusieurs sujets d'actualité, à l'image des récents scandales d'espionnage américains et leur répercussion sur les règles européennes de protection des données.
Désormais tristement traditionnel, le dossier des réfugiés de la guerre en Syrie occupera aussi jeudi les ministres de l'Intérieur qui feront le point sur les programmes de réinstallation dans les pays voisins ainsi que sur les réfugiés syriens ayant obtenu l'asile dans l'UE, essentiellement en Allemagne et en Suède. Sur la protection des données et la réforme des règles actuelles datant de 1995, aucune discussion substantielle n'est attendue et la commissaire Viviane Reding ne devrait même pas faire le déplacement. Une note de la présidence lituanienne explique que les ministres débattront du mécanisme dit 'consistency mechanism', (mécanisme de répartition des responsabilités entre les différentes autorités européennes en cas de litige impliquant des usagers de plusieurs pays). La discussion prévue par Vilnius devrait porter notamment sur les types de cas que les DPA (autorités nationales de protection des données) seraient amenées à soumettre à l'EDPB (European data protection Board).
Les dernières déclarations d'Angela Merkel sur la nécessité de mettre au point des règles communes pour se prémunir des effets de programmes tels que PRISM (l'espionnage par Washington des communications passées à travers les géants du net comme Google, Facebook ou AOL) pourraient aussi pimenter cette réunion. Ces déclarations s'inscrivent dans un contexte de profondes critiques en Allemagne de l'action du ministre Hans-Peter Friedrich étant jugé trop complaisant avec les pratiques américaines. Pour certaines sources européennes, si le blocage du dossier tient aussi aux intérêts divers d'un ensemble d'États membres, la position de M. Friedrich n'aide pas à faire avancer les négociations, le gouvernement allemand étant, selon cette source, tiraillé entre un ministère de la Justice en faveur de la réforme et un ministre de l'Intérieur qui estime que la sécurité nationale doit primer. (SP)