login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10889
Sommaire Publication complète Par article 12 / 33
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Polémique autour des tests VIH forcés en Grèce

Bruxelles, 16/07/2013 (Agence Europe) - La décision du ministre de la santé Adonis Georgiadis de réintroduire en Grèce une mesure permettant à la police de faire procéder à des tests VIH forcés et à des examens de santé obligatoires sur des populations jugées à risque suscite la polémique, notamment auprès des ONG Human Rights Watch (HRW) et Médecins du Monde. « Cette loi viole les droits de l'homme et stigmatise les groupes vulnérables » estime HRW. « Elle va à l'encontre des recommandations des spécialistes de la santé publique internationale et des organisations de défense des droits de l'homme », a ajouté Médecins du Monde.

Adonis Georgiadis a été nommé ministre de la santé suite au remaniement gouvernemental du 25 juin dernier en Grèce. Il est issu du parti Nouvelle Démocratie et est un ancien porte-parole de l'extrême droite LAOS. Le 26 juin, au lendemain de son investiture, M. Georgiadis a réintroduit une mesure adoptée initialement en avril 2012 par le socialiste Andreas Loverdos, puis annulée en avril 2013. Durant l'année où elle fut appliquée, cette mesure a permis à la police de procéder à des arrestations de prostitués, drogués et immigrants sans papiers pour les soumettre à des tests VIH et d'autres mesures de dépistage de maladies. Dès le mois de mai 2012, Amnesty International avait appelé le gouvernement grec à mettre fin à cette mesure qui stigmatise les prostitués. Les organisations de la santé ont critiqué et condamné la réintroduction du décret. Pour Médecins du monde, le ministre grec de la santé ferait mieux de s'attaquer aux causes profondes provoquant les maladies, la pauvreté et l'addiction. Ils demandent au gouvernement grec de se concentrer sur les plus grands problèmes de santé publique comme le droit universel des enfants à la vaccination, qui n'est plus garanti en Grèce. Pour Judith Sunderland du HRW, « il est profondément inquiétant qu'il n'ait fallu qu'un jour au nouveau ministre de la Santé pour réintroduire une mesure qui viole les droits de l'homme ». Si le gouvernement grec veut réellement s'investir dans la lutte contre le VIH et d'autres maladies infectieuses, il devrait se focaliser sur l'accès aux soins de santé et à l'information auprès du public, a-t-elle ajouté.

Le système de santé publique grec est soumis à d'énormes pressions depuis la crise et les mesures d'austérité qui en ont découlé. Or, le nombre de personnes porteuses du virus du sida est en forte augmentation depuis 2000 et particulièrement depuis le début de la crise qui a mené à une paupérisation de la population, surtout des groupes socialement défavorisés. Selon le centre pour le contrôle des maladies et de la prévention Keelpno, les infections par le virus du sida ont augmenté de 22% entre 2011 et 2012 et de 58% entre 2010 et 2011. (IL)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES
SOCIAL - MÉDIAS
COUR DE JUSTICE DE L'UE
DERNIÈRES NOUVELLES