Bruxelles, 16/07/2013 (Agence Europe) - L'emploi, la croissance et l'investissement, le renforcement du partenariat stratégique, la lutte contre le terrorisme au Sahel, la situation au Proche-Orient, l'Égypte, ou encore les questions globales d'intérêt commun telles que le changement climatique, seront à l'ordre du jour du sixième sommet bilatéral qui se tiendra jeudi 18 juillet, à Pretoria, entre l'Union européenne et l'Afrique du Sud.
L'Union européenne sera représentée par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le président de la Commission, José Manuel Barroso et les commissaires en charge du Commerce, Karel De Gucht, et du Développement, Andris Piebalgs. Les dirigeants européens seront accueillis par le président sud-africain, Jacob Zuma.
« Les relations économiques entre l'UE et l'Afrique du Sud sont très importantes. Nos destinées économiques sont liées », souligne un fonctionnaire européen. Au rang des négociations commerciales, celles portant sur l'accord de partenariat économique négocié entre l'UE et la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe). Le sommet se penchera sur le nouveau cycle de négociation qui devrait débuter en septembre.
Jacob Zuma devrait aborder la question des exportations d'agrumes vers l'UE, après que la maladie des tâches noires (Citrus black spot, CBS) a été détectée sur plusieurs fruits en provenance d'Afrique du Sud. Or l'Union européenne, qui multiplie les inspections, veut limiter à un maximum de cinq les épisodes de la maladie sur une saison, au risque de restreindre les importations. Et ce dans le but d'éviter la propagation du nuisible sur le territoire européen.
Sur le plan international, les partenaires discuteront des travaux du G20 pour stimuler la croissance ainsi que des travaux préparatoires du COP19, espérant parvenir à un accord sur les enjeux climatiques en novembre prochain. Il sera également question du processus de paix au Proche-Orient et de la situation en Égypte, après la destitution du président Mohamed Morsi. « L'UE comme l'Union africaine souhaitent que l'état de droit soit rétabli le plus rapidement possible par le biais d'élections », confie une source européenne.
L'Union européenne entend également évoquer les enjeux régionaux comme la coopération dans la lutte contre la piraterie dans l'Océan Indien. Concernant la situation à Madagascar et au Zimbabwe, le sommet exprimera son soutien fort à la SADC dans la gestion des crises politiques que traversent ces deux pays. L'UE et l'Afrique du Sud insistent sur la nécessité de tenir des élections pacifiques, libres, transparentes et donc crédibles aux yeux de la communauté internationale.
Un sommet particulièrement important puisqu'il se tiendra le jour de l'anniversaire de l'ex-président Nelson Mandela, toujours hospitalisé. L'occasion pour les participants de saluer le rôle qu'il a joué dans le développement des relations entre l'Afrique du Sud et le reste du monde, et notamment l'Union européenne, depuis la fin de l'apartheid, en 1994. En mai 2007, les deux parties ont souscrit un partenariat stratégique, lequel est venu renforcer l'accord sur le commerce, le développement et la coopération (TDCA), signé en 1999. Ce partenariat comprend deux volets: accroître le dialogue sur les enjeux régionaux et mondiaux, et améliorer la coopération dans les domaines économiques et sociaux.
En 2012, l'Afrique du Sud était le 17ème partenaire commercial de l'Union européenne. Les données publiées par Eurostat, en amont du sommet, font état d'un excédent en hausse des échanges de biens entre l'UE et l'Afrique du Sud: 6,1 milliards d'euros en 2012, contre 4,4 milliards l'année précédente. Le commerce international de services est lui aussi excédentaire: de 2,6 milliards en 2011, contre 2,2 milliards en 2010. L'UE a exporté 7,1 milliards d'euros de services vers l'Afrique du Sud, tandis que les importations ont représenté 4,5 milliards. Enfin, les flux d'investissements directs à l'étranger (IDE) de l'UE vers l'Afrique du Sud sont en baisse, atteignant 1,5 milliard d'euros en 2011, contre 7,1 milliards en 2010. Ils restent toutefois nettement supérieurs à ceux en provenance d'Afrique du Sud vers l'UE. (LM)