Bruxelles, 16/07/2013 (Agence Europe) - Après avoir dépensé environ un milliard d'euros sur cinq ans, l'UE se félicite aujourd'hui d'un résultat concret de ses actions de soutien à la Somalie.
L'activité des pirates somaliens est, en effet, au plus bas. Elle n'est peut-être pas inexistante mais, en plus de douze mois, pas un seul bateau marchand n'a été détourné. Des responsables du Service européen d'action extérieure (SEAE), au côté du commandant de la mission navale Eunavfor Atalanta, le contre-amiral britannique, Bob Tarrant, ont ainsi pu affirmer, mardi 16 juillet, que cette opération est une véritable « success story », même si les pirates représentent toujours une menace.
Six navires et deux avions de surveillance et de reconnaissance. C'est l'effectif déployé actuellement au large de côtes somaliennes dans le cadre de la mission européenne de lutte contre la piraterie. Mais l'UE n'est pas seule. L'OTAN a une mission similaire et la Chine, la Fédération de Russie et d'autres pays ont également dépêché des frégates pour dissuader les pirates de s'aventurer en mer.
La tentation pour certains Somaliens est grande et elle n'a point diminué, a toutefois remarqué le contre-amiral Tarrant, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. La piraterie est avant tout une activité criminelle. Elle se nourrit de rançons souvent payées pour libérer les otages des bateaux marchands, lesquels ont été capturés dans une zone maritime qui n'a cessé de s'étendre, commençant par le Golfe d'Aden et en finissant dans le vaste Océan indien. La mission européenne a donc besoin de continuer, selon lui, tant que les conditions qui favorisent l'activité des trois principaux groupes de pirates en Somalie persistent.
Cette mission navale est une pièce dans le vaste puzzle de la stratégie de l'UE en Somalie, a rappelé Nick Westcott, directeur pour l'Afrique au sein du SEAE. Ce puzzle représente toutefois une image mouvante, puisque ses autres pièces prennent des formes nouvelles avec le temps. La mission européenne de formation de l'armée somalienne (EUTM Somalia), dont l'activité principale se situe en Ouganda pour des raisons de sécurité, va ainsi bientôt ouvrir un nouveau volet, cette fois au cœur de la turbulente ville de Mogadiscio, où des combats sporadiques ont toujours lieu.
En donnant le coup d'envoi de ce nouveau volet, l'UE veut atteindre un double objectif: prouver symboliquement que la situation sur place s'est à ce point améliorée qu'une présence européenne puisse y être fixée et commencer à conseiller, sur le plan de la sécurité, le nouveau gouvernement fédéral de la Somalie pour l'aider à étendre son emprise sur tout le territoire du pays. Une fois que le contrôle d'un pouvoir légitime sera assuré dans les lieux les plus isolés, souvent utilisés pour organiser les expéditions des pirates, le phénomène de la piraterie somalienne sera voué à une fin définitive, a estimé le contre-amiral Tarrant. (JK)