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Bulletin Quotidien Europe N° 10889
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) transport

La perspective urbaine du paquet 'carburants propres'

Bruxelles, 16/07/2013 (Agence Europe) - Les villes font valoir leur point de vue sur le paquet sur les carburants alternatifs proposé par la Commission européenne en début d'année, afin que les négociations en cours à ce sujet ne fassent pas fausse route.

Dans une déclaration du 15 juillet, EUROCITIES, le réseau des principales villes européennes, salue l'intention de la Commission d'agir pour booster le marché des carburants alternatifs tels que l'électricité, l'hydrogène ou le gaz. En réduisant les émissions des véhicules, la qualité de vie en zone urbaine s'en trouvera améliorée. En premier lieu, l'association fait valoir que les nouvelles technologies peuvent y contribuer, mais qu'elles ne remplaceront pas un changement d'attitude qui privilégierait le recours à des modes de transport plus durables comme la marche, le vélo, les transports publics ou le covoiturage. Les grandes villes mettent en garde contre la mise en place d'infrastructures sans marché, au risque de perdre de l'argent public et de faire naître une résistance du public aux carburants alternatifs.

EUROCITIES soutient, en revanche, la proposition de la Commission d'introduire des péages urbains spéciaux pour les véhicules propres dans la mesure où cette initiative est aussi limitée dans le temps pour éviter les problèmes de congestion. Aussi, les villes font part de leur inquiétude quant aux quotas de stations de recharge établis par la Commission d'ici à 2020. Cette règle n'étant pas facile à appliquer dans un espace urbain trop dense, il serait préférable d'envisager ces stations de recharge en dehors de la ville.

Quant aux technologies en tant que telles, EUROCITIES, plaide pour que les villes aient le choix, et que la directive fasse donc preuve de flexibilité afin de tenir compte des circonstances locales. Cela signifie aussi de ternir compte du fait que certaines technologies sont plus propres sur les longues distances, et donc ne sont pas appropriées en ville. En zone urbaine, il faut des technologies qui soient propres autant pour des déplacements courts que longs. Enfin, l'association fait valoir que le biogaz est une option plus propre que le gaz naturel, qui émet aussi du méthane.

En termes de financement de l'infrastructure appropriée aux carburants propres, EUROCITIES note que la Commission entend éviter le recours aux deniers publics, en attirant des investissements privés via les fonds européens ou la BEI. Toutefois, l'association met en garde: si ce modèle commercial échoue, alors l'argent public devra venir à la rescousse, ajoutant une pression financière sur les États et les villes. Aussi, selon les villes, dégager de l'espace pour des stations de rechargement est un coût en soi. Cet espace pouvant être, par exemple, utilisé comme parking et générer un revenu, il y aurait donc un manque à gagner. Enfin, les villes insistent pour être associées à l'élaboration des cadres nationaux pour le développement d'un marché des carburants propres. (MD)

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