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Bulletin Quotidien Europe N° 10773
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) banques

Montepaschi sauvée, mais le scandale pèse sur les élections italiennes

Bruxelles, 28/01/2013 (Agence Europe) - La Banque d'Italie a autorisé, dimanche 27 janvier, la recapitalisation par l'État italien, à hauteur de 3,9 milliards d'euros, de Monte dei Paschi di Siena (MPS). En proie à de graves difficultés financières et actuellement au centre d'un scandale financier en Italie, la troisième banque italienne et plus ancienne banque du monde n'arrivait pas à se mettre en conformité par ses propres moyens avec les normes de solvabilité imposées par l'Autorité bancaire européenne (ABE).

La recapitalisation avait été autorisée à titre temporaire le 17 décembre par la Commission européenne (EUROPE n° 10753) pour permettre à la banque de porter à 9 % son ratio de fonds propres et de constituer un coussin temporaire supplémentaire, sous réserve de la présentation, d'ici à six mois, d'un plan de restructuration. Elle prend la forme d'une émission d'obligations pour un montant de 3,9 milliards d'euros qui seront souscrites par le Trésor italien. Un peu plus de la moitié de ce montant sous forme de titres hybrides servira à remplacer 1,9 milliard d'euros d'instruments similaires existants, souscrits en 2009 par l'État italien au titre de son plan de recapitalisation des banques. En échange, MPS versera un coupon de 9 % sur les obligations, qui augmentera de 0,5 % tous les deux ans, sans dépasser au final les 15 %. En cas de difficultés à rembourser ce « prêt à taux d'intérêt élevé », comme l'a défini vendredi le Premier ministre italien, la banque devra émettre des actions pour le Trésor italien, ouvrant ainsi la possibilité d'une nationalisation, que M. Monti a toutefois qualifié d'« hypothèse lointaine ».

MPS, en difficulté notamment depuis le rachat en 2007, pour 9 milliards d'euros, de la banque Antonveneta au groupe Santander, est au centre d'un scandale en Italie, après avoir reconnu, la semaine dernière, avoir subi des pertes pouvant atteindre 720 millions d'euros dans des transactions risquées sur les produits dérivés en 2008-2009. La Banque d'Italie et son président de l'époque, Mario Draghi, actuel président de la BCE, sont mis en cause pour ne pas avoir repéré les transactions risquées quand elles avaient été effectuées. Une accusation dont s'est défendu, au Forum économique mondial de Davos, l'actuel président de la Banca d'Italia, Ignazio Visco.

Le scandale a fait irruption dans la campagne pour les élections législatives italiennes des 24 et 25 février prochains, puisque le gouvernement de Mario Monti est accusé par une partie de l'opposition d'avoir fermé les yeux sur les malversations de la banque en accordant le prêt et puisque le premier actionnaire de la banque toscane (35 % du capital) n'est autre que la Fondation Monte Paschi di Siena, très liée au Parti Démocrate, premier parti italien dont le Secrétaire général, Pier Luigi Bersani, est en tête des sondages. (FG)

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