Bruxelles, 28/01/2013 (Agence Europe) - La commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a mis en garde lundi les responsables politiques européens, locaux et nationaux, quant aux discours de haine et aux appels à la xénophobie ou à l'intolérance, redoutant de possibles retombées sur le « projet européen » et des conséquences également concrètes sur la composition du Parlement européen à l'issue des élections de 2014. « Nous ne vaincrons pas l'extrémisme violent si nous éludons la propagande populiste et démagogique qui constitue le terreau idéologique de la violence en Europe », a dit la commissaire, ajoutant que « jamais depuis la Seconde Guerre mondiale les forces extrémistes et populistes n'ont eu autant d'influence sur les parlements nationaux ».
À la veille d'une réunion du Réseau européen de sensibilisation à la radicalisation (RAN) mis en place en 2011 à la suite des attentats d'Oslo et d'Utoya, la responsable suédoise a appelé à ne pas « sous-estimer » les conséquences de ces discours et encouragé les dirigeants européens à lutter « avec courage » contre le phénomène de la radicalisation. En septembre 2011, dans la foulée des actes commis par Anders Behring Breivik, la Commission avait décidé de mettre sur pied le réseau RAN formé de 8 groupes de travail associant police, chercheurs, associations de terrain ou décideurs, rappelle un communiqué, avec pour objectif de mieux comprendre ce phénomène des loups solitaires et du passage progressif aux actes radicaux. Ce 29 janvier, une conférence de haut niveau fera le point sur les travaux du RAN à Bruxelles, à laquelle participeront plusieurs ministres de l'Intérieur et de la Justice, dont les ministres belge, français, chypriote, italien, norvégien, suédois ou letton. Les 8 groupes de travail (police et forces de l'ordre, voix des victimes du terrorisme, internet et médias sociaux ou encore le groupe prisons et contrôle judiciaire) doivent présenter aux ministres une série de recommandations, comme la formation des polices locales à la détection des signes de radicalisation ou la mise en place de programmes de sortie de l'extrémisme. Mme Malmström a évoqué lundi des projets de cette nature établis notamment en Allemagne auprès des jeunes néo-nazis. D'autres recommandations porteront également sur les moyens de repérer sur Internet les appels à la haine, les parents étant également incités à être davantage vigilants. Jeudi dernier, la justice française a ordonné au site de micro-blogging Twitter de livrer les données des auteurs de tweets anti-sémites, l'entreprise ayant15 jours pour s'exécuter. Même si les causes de la radicalisation sont difficiles à établir, certains terrains sont « favorables », a rappelé lundi Mme Malmström, notamment ceux où sévit la crise économique. En Grèce, le parti néo-nazi de l'Aube dorée, qui s'en prend notamment violemment aux migrants, a connu une percée lors des dernières élections législatives. Mais le phénomène est plus complexe, la responsable suédoise ayant aussi rappelé qu'Anders Behring Breivik était lui issu d'un pays, la Norvège, comptant parmi les « plus riches » du monde. (SP)