Bruxelles, 13/12/2012 (Agence Europe) - La recommandation phare du 'paquet emploi pour les jeunes', que la Commission européenne a présenté le 5 octobre (EUROPE nº 10745), sur la possibilité de mettre en place dans les États membres un mécanisme de 'garantie jeune' a suscité des réactions contrastées chez les partenaires sociaux. La Confédération européenne des syndicats (CES) la juge « favorablement », alors que BusinessEurope, l'association qui défend les intérêts des grandes entreprises privées, se montre plus sceptique et craint que ce soit une mesure contraignante avec des effets potentiellement néfastes.
Le commissaire Laszlo Andor (Emploi, Affaires sociales et Inclusion) est revenu sur l'importance de ce paquet à l'occasion d'une intervention devant le Comité des régions, jeudi 13 décembre à Bruxelles. Il a encore une fois insisté sur le caractère « dramatique » de la situation des jeunes Européens. « Je dis 'dramatique', car il n'y a tout simplement pas d'autre moyen pour évoquer » leur sort. Si le chômage constitue le premier défi, il n'est pas le seul, car de nombreux jeunes sont également sortis du monde de l'éducation et de la formation. « On a même crée un label pour eux, les 'NEETs' (not in employement, education or training, Ndlr), a-t-il souligné.
En cela, la Commission a proposé une 'garantie jeune', se basant sur l'exemple de l'Autriche et de la Finlande, qui « repose sur des lignes directrices spécifiques couvrant des partenariats solides avec toutes les parties prenantes, y compris les autorités locales et régionales, et l'intervention précoce, l'activation et la pleine utilisation des fonds européens ». Cette recommandation au Conseil vise à garantir qu'à un jeune de moins de 25 ans qui sort du monde de l'éducation soit proposé un stage, une formation ou une proposition « d'emploi de qualité » dans les quatre mois, en guise de 'tremplin' vers le monde du travail.
Chez Markus Beyrer, qui est devenu récemment le nouveau directeur général de BusinessEurope, cette proposition a provoqué une crainte que cette garantie ne se transforme en 'garantie d'emploi'. Interrogé par EUROPE, mercredi 12 décembre, M. Beyrer, qui était auparavant le principal conseiller économique de la chancellerie autrichienne, puis directeur général de la Fédération autrichienne des industries, a dit que si un tel mécanisme fonctionne aujourd'hui en Autriche, cela découle notamment d'une tradition nationale bien ancrée, suggérant ainsi que la tentative de l'exporter dans les autres États membres peut s'avérer impossible. Réaction similaire chez le président de BusinessEurope, Jürgen Thumann, pour qui cette mesure est peut-être discriminatoire, car il faut aussi penser aux personnes actives, mais âgées. Tout comme on ne peut pas garantir la croissance, il serait « dangereux » de garantir un emploi ou une formation aux jeunes, a-t-il fait valoir.
La CES considère que ce 'paquet emploi pour les jeunes' offre de bonnes opportunités. Elle « se félicite de propositions telles que la 'garantie jeunes' » et, tout comme la Commission, elle y voit « une mesure qu'il faudra pérenniser et considérer comme un investissement ». Toutefois, les représentants européens des syndicats soulignent que « cet engagement devra se traduire par des moyens appropriés, notamment au niveau du Fonds social européen et d'autres fonds structurels ». Ce qui suppose que les États membres ne sacrifient pas les moyens destinés à cette 'garantie' sur l'autel des négociations serrées autour du prochain cadre financier pluriannuel (2014-2020). (JK)