login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10751
Sommaire Publication complète Par article 17 / 40
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

South Stream, le chantier est lancé

Bruxelles, 13/12/2012 (Agence Europe) - Piloté par le gazier russe Gazprom et rejoint par des groupes européens, le gazoduc rival du projet européen Nabucco prend une longueur d'avance. Mais des incertitudes demeurent sur la décision finale d'investissement et les aspects réglementaires en territoire européen.

Le président russe, Vladimir Poutine, a officiellement lancé le 7 décembre les travaux de construction au bord de la mer Noire du gazoduc South Stream, projet piloté par le gazier russe Gazprom en compagnie de grands groupes européens, et qui doit permettre à la Russie de livrer son gaz à l'UE en évitant l'Ukraine. La station balnéaire d'Anapa est le point de départ d'un pipeline long de 2 380 kilomètres, dont la mise en service est prévue fin 2015. South Stream devrait commencer à expédier du gaz fin 2015 à un débit annuel de 16 milliards de m3 puis atteindre sa pleine capacité en 2018 avec un débit annuel de 63 milliards de m3, soit la moitié des livraisons de gaz russe vers l'Europe actuellement.

« C'est un événement important non seulement pour le marché de l'énergie russe, mais aussi pour celui de l'Europe tout entière », a souligné le président Poutine. Avec son pendant nordique en mer Baltique, le gazoduc Nord Stream, South Stream « va créer les conditions pour des livraisons fiables et inconditionnelles de gaz russe aux consommateurs européens, dans ce cas, dans le sud de l'Europe », a-t-il ajouté. Le tracé, qui passe par la mer Noire, puis la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, la Slovénie, jusqu'en Italie, évite soigneusement le territoire de l'Ukraine, pays par lequel transite actuellement 80 % du gaz russe destiné à l'UE. Les querelles récurrentes entre Moscou et Kiev sur le prix du gaz, qui ont perturbé plusieurs fois les fournitures russes en plein hiver ont amené Gazprom à chercher d'autres voies d'approvisionnement.

Le projet South Stream, dont le coût total est estimé à plus de 16,5 milliards d'euros, est porté par un consortium détenu à 50 % par Gazprom, auquel se sont joints le pétrolier italien ENI (20 %), le français EDF (15 %) et l'allemand Wintershall (15 %). La présence de ces grands groupes européens aux côtés de Gazprom reflète la politique ambivalente à l'égard de l'Europe du gazier russe, qui d'un côté cultive des liens forts à titre individuel avec des pays de l'UE consommateurs, dans le cadre d'une stratégie de conquête. Et de l'autre est en conflit permanent avec l'UE, sur la question de ses règles d'accès au marché intérieur pour ses pipelines, le différend ayant atteint son paroxysme avec l'enquête lancée par la Commission contre Gazprom pour abus de position dominante et manipulation des prix dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale.

Le président Poutine pourrait profiter de l'occasion du sommet UE/Russie du 21 décembre, qui se tiendra à Bruxelles, pour présenter son pays comme un gage d'approvisionnement sûr et balayer les critiques selon lesquelles Moscou utilise sa domination du marché du gaz comme un instrument d'influence politique. Car s'il a pris une longueur d'avance sur son rival soutenu par l'UE, Nabucco, le projet South Stream reste confronté à des incertitudes en matière réglementaire, dans les pays d'Europe et de l'UE qu'il doit traverser, comme en Bulgarie, sa première étape, ou en matière environnementale, la Turquie riveraine en mer Noire devant donner son autorisation. En outre, des analystes sont sceptiques quant au coût réel d'un pipeline qui aura plus de 900 kilomètres de sections sous-marines en mer Noire, un montant de 25 milliards d'euros étant avancé. (EH)

Sommaire

CONSEIL EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE