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Bulletin Quotidien Europe N° 10741
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

L'aide au revenu doit être réexaminée, selon la Cour des Comptes

Bruxelles, 29/11/2012 (Agence Europe) - La Cour des comptes européenne a publié, le 27 novembre, son premier rapport spécial sur l'aide au revenu versée aux agriculteurs dans les nouveaux États membres. Elle préconise une réforme qui garantisse que le soutien aux revenus bénéficie aux agriculteurs actifs qui exercent réellement et régulièrement des activités agricoles. En particulier, les entités publiques chargées de gérer des terres appartenant à l'État et n'exerçant pour le reste aucune activité agricole devraient être exclues du soutien agricole de l'UE et aucun paiement ne devrait être effectué en ce qui concerne des terres inutilisées ou consacrées à des activités non agricoles.

Le régime de paiement unique à la surface (RPUS) a été conçu pour permettre aux nouveaux États membres qui ont adhéré à l'UE en 2004 et en 2007 de soutenir le revenu des agriculteurs. Il est actuellement appliqué dans 10 États membres de l'UE, où il a donné lieu à des dépenses d'un montant de 5 milliards d'euros en 2011. Le rapport de la Cour est centré sur les bénéficiaires de la politique, sur les terres éligibles ainsi que sur la contribution du régime à l'objectif consistant à soutenir le revenu des agriculteurs.

Il ressort de la conclusion générale de l'audit que la mise en œuvre du régime a entraîné l'émergence d'un certain nombre d'éléments contestables: La définition des bénéficiaires de la politique est inadéquate: elle permet d'effectuer des paiements en faveur de bénéficiaires n'exerçant aucune activité agricole ou qu'une activité agricole marginale. En outre, dans certains des pays concernés, l'aide a été payée en toute légalité à des entités publiques chargées de gérer des terres appartenant à l'État et n'exerçant pour le reste aucune activité agricole. L'État est le plus important bénéficiaire des paiements au titre du RPUS en Hongrie. L'ensemble des surfaces agricoles éligibles à l'aide au titre du RPUS n'a pas été déterminé de manière fiable par les États membres, mais a été validé par la Commission. Cela a eu une incidence sur le montant de l'aide par hectare payé à chaque agriculteur, qui était tantôt supérieur, tantôt inférieur à ce qu'il aurait dû être. Certains pays ont révisé la totalité de leur surface agricole sans justification appropriée, ce qui leur a permis d'utiliser pleinement leurs enveloppes financières respectives. En dépit des efforts des États membres concernés, l'aide a été payée pour des parcelles sur lesquelles aucune activité agricole n'était exercée. Telle qu'elle est conçue, l'aide au titre du RPUS comporte en soi une contradiction: d'une part, elle est destinée à soutenir le revenu individuel des agriculteurs mais, d'autre part, elle est répartie entre les exploitations en fonction de la superficie des parcelles agricoles dont elles disposent. Le RPUS bénéficie principalement aux grandes exploitations: globalement. Enfin, même si le RPUS a été conçu comme un régime transitoire, la plupart des États membres ne se sont pas préparés à la mise en place (prévue en 2014) du régime (fondé sur les droits au paiement) qui est déjà appliqué dans les États membres de l'EU-15. Il pourrait en résulter d'importants retards dans les paiements à l'avenir.

La Cour recommande que la politique soit mieux ciblée et orientée vers les résultats, afin que l'aide au revenu soit octroyée aux agriculteurs actifs qui exercent concrètement et régulièrement des activités agricoles et qu'elle exclue les entités publiques. L'admissibilité des terres à l'aide devrait être clairement définie et limitée aux parcelles sur lesquelles des activités agricoles sont concrètement et régulièrement menées. Il conviendrait de répartir l'aide de manière plus équilibrée entre les agriculteurs, soit par le plafonnement des paiements individuels très élevés, soit par la prise en considération des conditions particulières des exploitations agricoles dans les différentes régions. La Commission devrait remédier aux faiblesses structurelles qui affectent le secteur agricole, soutenir activement les États membres et suivre de plus près leurs préparatifs en vue de l'instauration future d'un système fondé sur les droits au paiement. (OL)

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