Bruxelles, 21/06/2012 (Agence Europe) - Massimo D'Alema, président du Conseil italien de 1998 à 2000 et chef de la diplomatie dans le gouvernement Prodi à partir 2006, a délivré quelques analyses générales de la situation économique présente dans l'UE, en répondant aux questions des journalistes en marge de la conférence « Call to Europe », organisée les 21 et 22 juin par le groupe de réflexion d'inspiration social-démocrate Foundation for European Progressive Studies, dont il est le président.
Selon M. D'Alema, l'Europe et le monde attendent des « décisions concrètes » du sommet des chefs d'État et de gouvernement des 28 et 29 juin prochains notamment sur: - la Grèce, à laquelle doivent être consenties des facilités sur les temps de mise en oeuvre de ses engagements vis-à-vis des partenaires ; - une politique européenne de la dette, avec une politique plus active de la BCE ou l'intervention du FESF pour le rachat d'obligations souveraines des pays le plus endettés, afin de réduire le spread pour ces pays ; - une relance de la croissance en Europe à travers un programme européen d'investissements ou la possibilité laissée aux États membres de procéder à des investissements sur le plan national dans le cadre de la « règle d'or ».
Interrogé sur les propositions soumises par François Hollande la semaine dernière aux autres chefs d'État et de gouvernement et sur les relations avec l'Allemagne, il a estimé que, sur ces éléments, la France et l'Italie ont « les mêmes intérêts » et les deux pays entameront une « coopération étroite ». Il ne s'agit cependant pas d'isoler l'Allemagne, puisque l'Italie entend bien ratifier le « fiscal compact » et se rapprocher de position allemande sur le terrain d'une plus grande intégration budgétaire et politique de l'Europe. Sur ce point « de la part de la France il y a des ouvertures nouvelles (...) et Hollande pourrait nous offrir une politique plus ouverte à l'intégration politique de l'Europe ». Le « marché» à conclure avec l'Allemagne serait « une Europe plus forte, plus intégrée, et, de l'autre côté, une Europe engagée pour la croissance », a indiqué M. D'Alema, parlant à cet égard de la possibilité d'un « accord politique » avec la chancelière allemande et plaidant en faveur du renforcement des institutions communes.
À propos des pressions exercées par la Commission européenne sur l'Italie en faveur d'une réforme de son marché du travail avant le sommet européen, M. D'Alema a estimé qu'il ne devrait pas y avoir d'obstacles du côté du gouvernement italien, observant toutefois que la Commission européenne, souvent « un peu trop sous l'influence des pays européens les plus forts », devrait « s'occuper un peu plus de questions européennes et un peu moins des questions italiennes ». Et d'affirmer que son parti - le Partito Democratico - entend bien soutenir jusqu'au bout le gouvernement Monti dans ses réformes, avant de prendre la suite dans quelques mois, en tant que vainqueur probable des prochaines élections législatives en Italie. (FG)