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Bulletin Quotidien Europe N° 10639
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement durable

Rio+20, vers un accord a minima

Bruxelles, 21/06/2012 (Agence Europe) - Après des mois de négociations, un accord à l'arraché a été atteint dans la nuit de mardi 19 à mercredi 20 juin, juste avant l'ouverture de Rio+20, la conférence des Nations unies sur le développement durable. Mercredi matin, le coordinateur de l'ONU pour cette conférence, le Français Brice Lalonde, a annoncé que la Déclaration de Rio (The Future We Want), comportant 283 articles, avait été adoptée. Ce texte a été transmis aux chefs d'État et de gouvernement présents à Rio de Janeiro qui devraient le ratifier vendredi 21 juin. Reste qu'il s'agit d'un accord a minima, bien en deçà des attentes de l'UE qui souhaitait la création d'une Agence mondiale de l'environnement et misait sur le développement d'une économie verte comme moteur d'une croissance durable à l'échelle de la planète.

À quelques jours de l'ouverture de la conférence, les négociations piétinaient encore dans la mesure où l'Union européenne bloquait toutes les propositions qu'elle jugeait trop peu ambitieuses. Ce blocage (les décisions dans le cadre de l'ONU se prennent à l'unanimité) portait en particulier sur la question de la création d'une Agence mondiale de l'environnement souhaitée par l'UE. Celle-ci aura cependant dû mettre de l'eau dans son vin puisque, sur le chapitre du renforcement du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), l'accord conclu dans la nuit de lundi à mardi prévoit seulement que le PNUE sera doté d'une gouvernance propre et que ses ressources et moyens d'action seront considérablement renforcés.

L'UE, comme les autres pays industrialisés, aura par ailleurs aussi dû revoir ses attentes à la baisse s'agissant du développement d'une économie verte comme moteur d'une croissance durable à l'échelle planétaire. En effet, les pays émergents, conduits par le Brésil, pays hôte de la conférence, considèrent le concept d'économie verte comme un moyen pour les pays développés d'instaurer des barrières commerciales à l'encontre de leurs produits et d'y exporter leur savoir-faire et leurs technologies au nom de l'écologie. Aussi, dans la Déclaration de Rio, l'économie verte est-elle réduite à un outil parmi d'autres pour parvenir au développement durable et à l'éradication de l'extrême pauvreté.

L'Europe a néanmoins une raison d'être satisfaite: l'accord de principe conclu dans la nuit de mardi à mercredi prévoit la fixation d'objectifs de développement durable (ODD). Lors de son intervention à l'ouverture de la conférence, mercredi, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné que « l'Union européenne veut un cadre global post-2015 avec des objectifs spécifiques qui portent sur les trois dimensions du développement durable - environnementale, économique et sociale - dans une manière holistique et cohérente ». Reste que les ODD, qui prendront le relais des objectifs du millénaire pour le développement qui arrivent à échéance en 2015, devront être définis ultérieurement, les pays en développement n'ayant pas voulu s'engager tant que les pays industrialisés ne se sont pas exprimés sur les financements prévus pour atteindre ces objectifs.

Les chefs d'État et de gouvernement ont la possibilité de modifier le contenu de l'accord, mais cette éventualité paraît peu probable. « Si un État veut modifier un article du texte, chaque pays voudra ensuite renégocier le point qui ne lui convient pas », a expliqué M. Lalonde. Autrement dit, un accord a minima vaut mieux que pas d'accord du tout. (OL)

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