Bruxelles, 21/06/2012 (Agence Europe) - Chypre pourrait devenir dans les prochains jours le 5ème pays de la zone euro à demander une aide financière à ses partenaires après l'Espagne qui aura chiffré sa requête à la suite de la réunion de l'Eurogroupe jeudi soir à Luxembourg (voir autre nouvelle). Une publicité que l'île aurait volontiers évitée, à une semaine d'accéder à la présidence du Conseil de l'UE.
Située dans une fourchette entre 3 et 5 milliards d'euros, cette aide financière proviendrait, à part égale, de deux sources différentes, affirme l'AFP: - l'Eurozone, via ses fonds de sauvetage (FESF, MES), sera sollicitée pour recapitaliser les banques chypriotes fortement exposées à l'économie grecque ; - la Russie, qui entretient avec l'île des liens politiques et économiques étroits, pourrait fournir une nouvelle aide bilatérale.
La Banque populaire de Chypre doit absolument trouver 1,8 milliard d'euros afin de respecter d'ici fin juin le niveau de fonds propres requis par l'Autorité bancaire européenne (EBA). Elle a été nationalisée en raison des pertes enregistrées sur ses expositions à l'économie et aux obligations grecques. À l'instar des 100 milliards d'euros maximum promis par l'Eurogroupe pour sauver le secteur bancaire espagnol, l'aide financière de la zone euro à Chypre aurait l'avantage d'impliquer des mesures conditionnelles moins drastiques qu'un sauvetage global dans la mesure où il ne viserait qu'une restructuration du secteur financier.
Les autorités chypriotes pourront néanmoins difficilement ignorer les recommandations sur la situation budgétaire et macroéconomique du pays que la Commission européenne a formulées fin mai. Ces recommandations portent notamment sur la modération salariale, le financement des retraites, le système de santé, ou l'amélioration du recouvrement de l'impôt.
En 2011, la Russie a déjà fourni un prêt de 2,5 milliards d'euros à Chypre à des conditions avantageuses. Mardi, l'International Herald Tribune mentionnait la possibilité que l'énergéticien russe Gazprom obtienne des contrats dans l'exploration d'un gisement gazier dans les eaux territoriales chypriotes. Des informations démenties par les autorités chypriotes. (MB)