Bruxelles, 21/06/2012 (Agence Europe) - Selon une enquête Eurobaromètre publiée le 21 juin par la Commission européenne, près de neuf Européens sur dix se disent convaincu de l'utilité de parler une ou plusieurs langues étrangères, et 98% pensent que la maîtrise des langues étrangères sera un atout pour l'avenir de leurs enfants. Une autre étude sur les compétences linguistiques, publiée parallèlement, montre toutefois un décalage entre ces affirmations et la réalité. Seuls 42% des adolescents testés ont effectivement des compétences dans une langue étrangère, et à peine 25% dans deux langues. Cette enquête européenne a été menée au printemps 2011 dans 14 États membres, sur une base volontaire, et a mesuré les compétences en lecture, en compréhension orale et en rédaction d'élèves âgés de 14 et 15 ans, dans deux des cinq langues officielles de l'UE les plus enseignées. « Les citoyens sont extrêmement attachés au multilinguisme et à l'apprentissage des langues, ce dont nous pouvons nous réjouir. Néanmoins, il faut encore améliorer l'enseignement et l'apprentissage des langues », a déclaré la commissaire responsable de l'éducation, de la culture, de la jeunesse et du multilinguisme Androulla Vassiliou. La commissaire insiste sur les débouchés professionnels que la connaissance des langues offre aux individus, en plus de l'enrichissement personnel qu'ils en retirent.
Réalisée au printemps 2012 dans les 27 États membres, l'enquête Eurobaromètre relève les tendances suivantes: 1) dix ans après la déclaration de Barcelone, qui appelle les Européens à étudier au moins deux langues étrangères, 72% des Européens soutiennent cet objectif et 77% souhaitent traduire ce souhait en une priorité politique ; 2) plus de la moitié des Européens (53%) utilisent une langue étrangère dans l'exercice de leur profession et 45% pensent avoir obtenu un meilleur emploi grâce à leurs compétences linguistiques ; 3) le pourcentage d'Européens affirmant pouvoir communiquer dans une langue étrangère a toutefois reculé de 56% en 2005 à 54% ; 4) il existe une grande disparité entre les États membres: la proportion d'élèves compétents dans une première langue étrangère varie de 82% à Malte et en Suède à seulement 14% en France (pour l'anglais) et 9% au Royaume-Uni (pour le français) ; 5) les compétences en compréhension écrite et orale se sont renforcées grâce à Internet: 36% d'Européens ont régulièrement recours à une autre langue lors de l'utilisation d'Internet contre 26% en 2005 ; 6) par rapport à 2005, les pays où la proportion de personnes capables de parler au moins une langue étrangère a le plus augmenté sont l'Autriche (78% soit +16%), la Finlande (75%, +6%) et l'Irlande (40%, +6%). En revanche, la proportion a reculé dans plusieurs pays d'Europe centrale et de l'Est, notamment parce que l'allemand et le russe ne sont plus obligatoires dans les programmes scolaires. C'est le cas en Slovaquie (80%, -17%), en République tchèque (49%, -12%), en Bulgarie (48%, -11%), en Pologne (50%, -7%), en Hongrie (35%, -7%) ; 7) les langues étrangères le plus largement parlées demeurent l'anglais (38%), le français (12%), l'allemand (11%), l'espagnol (7%) et le russe (5%).
La Commission entend soutenir activement l'apprentissage des langues dans le nouveau programme européen « Erasmus pour tous », dont l'un des six objectifs principaux est l'enseignement des langues, a souligné la commissaire Vassiliou. La Commission proposera d'ici la fin de l'année un indicateur européen des compétences linguistiques qui permettra de mesurer les avancées réalisées dans les États membres en matière d'enseignement et l'apprentissage des langues (IL)