Bruxelles, 21/06/2012 (Agence Europe) - Les États membres ont ouvert la voie jeudi 21 juin à Luxembourg à un futur régime sans visas pour les citoyens turcs, le Conseil des ministres de l'UE ayant formellement adopté l'accord entériné la veille par le COREPER. Préparé par la présidence danoise, ce compromis prévoit de recommander à la Commission d'ouvrir des négociations avec Ankara sur ce régime de libéralisation des visas mais Ankara devra aussi avoir signé au préalable l'accord de réadmission de ses migrants avec l'UE, négocié en février 2011 mais jamais paraphé par la Turquie.
Des conditions ont été fixées à Ankara pour obtenir le régime sans visas qu'elle réclamait, ces conditions allant de la lutte efficace contre l'immigration illégale, la criminalité organisée ou le terrorisme au respect des accords de réadmission bilatéraux existants ou encore à la bonne coopération avec tous les États membres, dont Chypre qui avait de fortes réserves sur ce compromis. Il revient maintenant à la Commission européenne de dresser le plan d'action d'Ankara pour aller vers ce régime sans visas, la Commission fixant traditionnellement un certain nombre de réformes à mettre en œuvre, entre la sécurisation des documents, la gestion des frontières, la protection des données.
En général, la Commission balise 5 à 6 domaines de réformes, dit une source du Conseil, réformes qu'elle évalue au fur et à mesure. Difficile donc de fixer un calendrier précis. Pour les pays des Balkans, comme la Serbie ou le Monténégro, la concrétisation du régime sans visas avait pris plus de deux ans, rappelle la Commission. Mais chaque situation est différente et la Turquie a demandé directement un régime de libéralisation des visas, poursuit la source du Conseil, contrairement à d'autres pays qui avaient eu d'abord expérimenté une phase de « facilitation », c'est-à-dire un régime d'exemption de visas pour quelques catégories de la population. Une situation qui pourrait ainsi impliquer que l'obtention de ce régime sans visas prenne plus de temps pour la Turquie.
En attendant, la Turquie pourrait signer dès la semaine prochaine l'accord de réadmission avec l'UE, indiquait une source mardi 19 juin. Cette signature est cruciale pour l'UE et certains pays comme la Grèce, montrée du doigt par ses partenaires européens mais dans l'incapacité d''imposer à la Turquie de reprendre ses migrants. La Turquie est aujourd'hui une plaque-tournante de l'immigration illégale vers les pays de Schengen, les migrants arrivant en Grèce puis tentant ensuite de rejoindre les autres pays de l'UE. (SP)