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Bulletin Quotidien Europe N° 10584
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

L'aide alimentaire en Afrique subsaharienne au crible de la Cour des comptes

Bruxelles, 28/03/2012 (Agence Europe) - L'aide au développement allouée par l'UE à l'Afrique subsaharienne en vue d'assurer la sécurité alimentaire dans cette région est généralement efficace mais pourrait être sensiblement améliorée, selon un rapport publié mercredi 28 mars par la Cour des comptes européenne. Ce rapport spécial analyse la pertinence de ce type d'aide au regard des besoins et des priorités des pays concernés où le nombre de personnes souffrant de la faim était, en 2010, de 239 millions, soit 30% de la population totale, et l'efficacité des interventions de l'UE.

Au terme d'un audit qui a porté sur le soutien direct au développement apporté par l'UE pour chacun des trois volets de la sécurité alimentaire, à savoir la disponibilité des aliments, l'accès à l'alimentation et l'utilisation des denrées alimentaires (la nutrition), la Cour formule les recommandations suivantes: - pour la période de programmation après 2013, la Commission et le Service européen d'action extérieure (SEAE) devraient réaliser une évaluation structurée de la situation dans chaque pays et prendre systématiquement en considération les possibilités de soutien de l'UE ; - la Commission devrait étudier la possibilité de mettre en place un instrument permanent qui permettrait de remédier, le cas échéant, aux conséquences des crises alimentaires affectant les pays en développement ; - la Commission et le SEAE devraient accorder une priorité suffisante à la nutrition lors de l'élaboration de la stratégie de coopération, de la définition et de la mise au point des interventions, et lors de l'établissement d'un dialogue politique avec les partenaires gouvernementaux, notamment dans le cadre des programmes d'appui budgétaire ; - la Commission devrait définir des objectifs d'intervention suffisamment précis et mesurables à l'aide d'indicateurs de performance, et faire en sorte que les objectifs soient réalisables en évaluant mieux les risques et les hypothèses conditionnant la réussite de la mise en oeuvre des interventions ; - la Commission devrait mieux soutenir la viabilité financière des programmes agricoles et de transferts sociaux.

La Cour des comptes estime en effet que si la Commission a axé son aide au développement sur les pays qui affichent le taux le plus élevé de personnes sous-alimentées, elle n'a pas suffisamment pris en considération les possibilités de soutien de l'UE à d'autres pays également confrontés à une insécurité alimentaire chronique. Elle souligne que la Facilité alimentaire de 1 milliard d'euros, créée en 2008 en réaction à la crise des prix alimentaires de 2007-2008, n'a pas été conçue pour faire face à la volatilité à long terme des prix des denrées alimentaires. Le rapport note que si l'aide alimentaire de l'UE prend dûment en considération les besoins et les priorités des pays pour ce qui concerne la disponibilité des aliments et l'accès à l'alimentation, la Commission n'a pas mis suffisamment l'accent sur la nutrition. La Cour estime aussi que les objectifs des interventions de l'UE manquent souvent de clarté, que les interventions elles-mêmes sont parfois trop ambitieuses, en particulier lorsqu'il s'agit de projets d'organisations non gouvernementales (ONG), et que la moitié seulement des interventions offrent des perspectives de durabilité raisonnables.

Près d'1 milliard de personnes dans le monde souffrent de la faim. La sécurité alimentaire a été définie par l'ONU comme une situation dans laquelle « tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une alimentation suffisante, saine et nutritive leur permettant de satisfaire leurs besoins énergétiques et leurs préférences alimentaires pour mener une vie saine et active ».

Au cours de la période 2002-2010, l'UE a financé des interventions dans le domaine de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne pour un montant total s'élevant à plus de 3,1 milliards d'euros. Cette aide a été prélevée sur le Fonds européen de développement (FED), principal instrument de coopération avec les différents pays d'Afrique subsaharienne tous signataires de l'accord de Cotonou liant l'UE aux 79 États ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique), ainsi qu'au moyen des trois instruments thématiques financés par le budget de l'UE (la ligne budgétaire « sécurité alimentaire », le programme thématique de sécurité alimentaire et la Facilité alimentaire, instaurée en 2008 afin de fournir une réponse rapide à la crise provoquée par la volatilité des prix des denrées alimentaires dans les pays en développement). (AN)

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