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Bulletin Quotidien Europe N° 10584
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) corÉe du sud

Tir de fusée, pression maximum sur le voisin nord-coréen

Bruxelles, 28/03/2012 (Agence Europe) - S'il a permis une première évaluation de la mise en œuvre de leur accord de libre-échange entré en vigueur en juillet 2011 et de décider de nouvelles mesures pour renforcer leur partenariat stratégique, le sommet annuel UE/Corée du Sud le 28 mars à Séoul a servi de plateforme pour accentuer la pression sur la Corée du Nord voisine, afin qu'elle renonce à un tir de fusée très controversé.

Dialogue politique. Réunis au lendemain du 2ème sommet sur la sécurité nucléaire, les présidents Herman Van Rompuy (Conseil européen) et José Manuel Barroso (Commission) et le président sud-coréen Lee Myung-bak ont exprimé leur « satisfaction » au regard des « développements positifs » du partenariat stratégique entre l'UE et la Corée du Sud, « basé sur un socle de valeurs partagées et un accord de libre-échange signé en 2010 ». Une coopération étroite qu'Européens et Sud-coréens souhaitent renforcer sur les questions bilatérales, régionales et internationales. Les partenaires fêteront 50 ans de relations diplomatiques l'an prochain. Un dialogue politique de haut niveau va être poursuivi sur une base annuelle dès cette année, ainsi que des consultations bilatérales pour renforcer la coopération dans le domaine des droits de l'Homme.

Expansion du commerce. Au plan économique, dirigeants européens et sud-coréens ont salué « l'expansion » du commerce bilatéral depuis la mise en œuvre provisoire de l'accord de libre-échange le 1er juillet 2011. La mise en œuvre de l'accord est encore trop récente à ce stade pour en mesurer le véritable impact, mais après un fort déclin en 2009, les échanges commerciaux entre l'UE et la Corée du Sud ont repris en 2010 et leur croissance s'est maintenue en 2011. Tandis que ses exportations sont passées de 22 à 28 puis 32 milliards d'euros entre 2009 et 2011, les importations de l'UE se sont d'abord accrues de 32 à 39 milliards d'euros entre 2009 et 2010 avant de glisser à 36 milliards d'euros en 2011, selon les chiffres d'Eurostat. L'UE a donc réduit son déficit commercial de 11 à 4 milliards d'euros de 2010 à 2011. La Corée du Sud comptait pour un peu plus de 2% du commerce extérieur de biens de l'UE en 2011, et était son dixième partenaire commercial. Les chiffres relatifs au commerce de services et aux échanges d'investissement sont de 2010, date à laquelle l'UE enregistrait un excédent de 3 milliards d'euros de sa balance de services. De leur côté, les investissements directs étrangers de l'UE en Corée du Sud ont crû de 0,9 à 2,8 milliards d'euros entre 2009 et 2010, ceux de la Corée du Sud sur le marché européen de 1,6 à 3,8 milliards d'euros.

Pression sur Pyongyang. Sur les questions de sécurité régionale, dirigeants européens et sud-coréens ont exprimé leur « grave préoccupation » concernant l'annonce par la Corée du Nord le 16 mars du lancement, à la mi-avril, d'une fusée emportant un satellite, en violation, à leurs yeux, des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et de ses récents engagements, comme l'accord convenu en février avec les États-Unis prévoyant un moratoire sur les missiles et ses activités nucléaires. Le lancement aux visées pacifiques, selon Pyongyang, pour commémorer le centième anniversaire du fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-Sung, est assimilé à une grave provocation par les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, qui estiment que le lancement de la fusée nord-coréenne couvre le test d'un missile balistique de longue portée, en violation de la résolution 1874 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui interdit depuis 2009 à la Corée du Nord tout tir d'engin balistique. Mercredi, MM. Van Rompuy, Barroso et Lee ont appelé la Corée du Nord à « s'abstenir de mettre en œuvre son projet annoncé », mais aussi à renoncer à ses armes et ses programmes nucléaires, avant de manifester leur préoccupation à l'égard des droits de l'Homme et de la situation humanitaire dans le pays. « Je dois souligner la gravité de la situation des droits de l'Homme en Corée du Nord et le problème de la faim et de la malnutrition. Ce devrait être la priorité des priorités pour la Corée du Nord, pas les missiles et les armes nucléaires », a commenté M. Van Rompuy. « Je demande instamment aux autorités nord-coréennes de respecter les principes des droits fondamentaux. Si l'on parle du manque de respect de la dignité humaine, ce qu'il se passe en Corée du Nord est tout simplement incroyable », a renchéri M. Barroso. (EH)

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