Bruxelles, 28/03/2012 (Agence Europe) - Plusieurs États membres n'ont pas encore fait toute la lumière sur leur éventuelle collusion avec la CIA dans le dossier des vols secrets de l'agence américaine en Europe, comme le leur demande le Parlement européen depuis 2007. Une audition organisée mardi 27 mars en commission des libertés civiles du PE a fait état de nouveaux éléments dans ces programmes de détention secrets de la CIA, notamment au Danemark, en Lituanie, en Roumanie ou en Pologne, pays où un ex-chef des renseignements a d'ailleurs été à ce titre mis en examen le même jour. Selon Amnesty International, une enquête britannique sur le sujet avait aussi été proposée avant d'être brusquement interrompue en 2011. C'est le Conseil de l'Europe et la presse qui, dès 2005, ont peu à peu révélé la complicité de certains pays européens avec la CIA pour interroger, et parfois torturer, des membres d'Al-Qaïda. Le Parlement européen avait dans la foulée mis en place une commission spéciale et demandé aux États membres soupçonnés de s'expliquer sur toutes les allégations de détention secrète. Cinq ans plus tard, c'est Hélène Flautre (Verts/ALE, française) qui devra assurer le suivi de cette enquête, le PE devant voter son rapport d'initiative en septembre prochain.
Selon Amnesty International, depuis 2007, le gouvernement lituanien a admis l'hébergement de prisons secrètes de la CIA. Un bâtiment de Bucarest a aussi été identifié comme probable lieu de détention de la CIA. Une enquête polonaise a été lancée sur des sites secrets mais elle a échoué. Quant au Danemark et à la Finlande, un lien entre eux et la Lituanie a été établi dans des éléments publiés sur les vols secrets mais ni Copenhague ni Helsinki n'ont encore pu faire aboutir leurs enquêtes. (SP)