Bruxelles, 28/03/2012 (Agence Europe) - L'audition publique organisée mardi 27 mars au sein de la commission de l'éducation et de la culture du Parlement européen sur le nouveau programme de la Commission européenne « Erasmus pour tous » a montré clairement un consensus chez les experts en faveur de la conservation de programmes sectoriels autonomes, avec un budget bien défini. Pour eux, il ne faut pas renoncer aux appellations des programmes, ni à leur donner un cadre bien défini, étant donné le succès récolté jusqu'à présent. La présidente de la commission parlementaire Doris Pack (PPE, allemande) rédigera un rapport sur « Erasmus pour tous » qui sera soumis au vote des députés de sa commission au mois d'octobre 2012.
Lors de l'audition publique sur le nouveau programme européen pour l'éducation et la jeunesse, les représentants des agences nationales ou organisations européennes European Youth Forum, le Centre for International Mobility (CIMO), le Pädagogischer Austauschdients (PAD), et le Deutscher Akademischer Austauschdienst, ont donné leur analyse du projet de la Commission. Des programmes ciblés, adaptés aux besoins spécifiques de chaque secteur, moins de bureaucratie, un budget adéquat et une gestion décentralisée au niveau national, ainsi qu'une attention toute particulière aux actions visant l'enseignement non formel et l'apprentissage tout au long de la vie sont les principales propositions qu'ils ont présentées aux députés. Ils ont rappelé la contribution importante des programmes européens à la mobilité, aux échanges, à l'intégration et à la participation des jeunes, des étudiants et des enseignants en Europe. Selon eux, le mélange des différentes actions dans un seul programme « Erasmus pour tous » risque d'entraîner une perte de visibilité des actions et de compliquer les tâches administratives pour les gestionnaires. Un transfert de gestion devrait être opéré vers les agences nationales, ce qui permettrait une meilleure visibilité et une efficacité accrue. Un budget bien défini devrait également être inclus dans le même texte de la proposition de la Commission, et une plus grande attention devrait être prêtée à l'éducation tout au long de la vie et à l'apprentissage des adultes, ont souligné les orateurs.
Les craintes du monde de l'éducation et de la jeunesse rejoignent celles déjà exprimées par de nombreux députés de la commission parlementaire, lors de débats antérieurs sur le nouveau programme. Dans leurs interventions, les députés ont en effet réitéré leurs inquiétudes concernant la pertinence du regroupement des programmes actuels dans un seul programme. Ils ont également demandé à la Commission européenne d'établir une ligne budgétaire claire et spécifique pour assurer un bon déroulement du programme. La question de la mise en place d'un volet consacré respectivement à la jeunesse et au sport a également été soulevée par les députés et appuyée par les experts présents. La présidente Doris Pack a, de son côté, confirmé la convergence de la plupart des points de vue, et s'est dite encouragée dans sa mission de rapporteur du PE sur ce sujet. Un expert de la Commission européenne a ensuite défendu le projet de la commissaire responsable, Androulla Vassiliou, en affirmant que « Erasmus pour tous » ne perdait rien de l'ambition affichée par les programmes précédents mais qu'il fallait s'adapter à une situation économique et sociale difficile. L'objectif visé par la proposition est de simplifier les arcanes et les procédures actuelles, à l'attention des bénéficiaires, mais la proposition doit aussi être formulée de manière convaincante pour les autorités budgétaires. Il y aura des discussions à tous les niveaux, et il faudra prendre en considération les objectifs globaux d'EUROPE 2020, les objectifs visés par l'Agenda numérique et les objectifs des programmes de coopération, a-t-il ajouté. Les programmes actuels ont remporté un succès évident, mais ils doivent être adaptés à la situation actuelle et anticiper les évolutions futures, a-t-il conclu. (IL)