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Bulletin Quotidien Europe N° 10555
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) syrie

Le PE déplore le veto russe et chinois au Conseil de l'ONU

Strasbourg, 16/02/2012 (Agence Europe)- Tout en condamnant une fois encore de la manière la plus ferme possible « la répression brutale exercée par le régime syrien contre sa population », les députés européens ont, en adoptant une résolution commune jeudi 16 février à Strasbourg, invité la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères à « tout mettre en œuvre pour assurer l'adoption d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, en coopération avec la Russie et la Chine ».

Le PE déplore que la Russie et la Chine aient exercé leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour faire obstacle à la proposition de résolution sur la Syrie, « s'opposant ainsi à la proposition de transition pacifique de la Ligue arabe ». Il demande à la Russie, principal fournisseur d'armes étranger du gouvernement syrien, « d'arrêter immédiatement ses livraisons d'armes à la Syrie ». L'UE devrait aussi, selon les eurodéputés, établir une liste noire des entreprises qui fournissent des armes à la Syrie.

Le PE demande aussi au Conseil de prendre « la décision commune de rappeler tous les ambassadeurs en poste en Syrie » et « de geler les contacts diplomatiques avec les ambassadeurs syriens auprès des États membres ». Il demande aussi « instamment » à la Haute représentante de l'UE de renforcer la délégation de l'UE à Damas « en la dotant d'une capacité humanitaire » et de le faire « partout où cela est nécessaire ». Les députés demandent aussi à Catherine Ashton « de tout mettre en œuvre pour engager des négociations avec la Turquie, la Ligue arabe et l'opposition syrienne sur les modalités de mise en place de corridors humanitaires à la frontière syro-turque ». Les élus se félicitent du soutien de Mme Ashton à la mise sur pied d'un groupe de contact des pays amis du peuple syrien, « notamment la Turquie et les membres de la Ligue arabe » et de son intention de participer à la réunion du 24 février en Tunisie.

La veille, lors de débat, les députés européens avaient aussi demandé à l'UE d'agir. « Jusqu'à quand allons-nous rester impassibles », s'est interrogé José Ignacio Salafranca (PPE). « Il est fondamental de prendre position », a lancé Guy Verhofstadt (ADLE). On ne sait pas très bien selon lui si l'UE est pour une zone d'exclusion aérienne ou qu'elle est sa position sur l'armée syrienne libre. Pour Véronique de Keyser (S&D), l'UE ne répond pas aux Syriens, qui demandent des armes et de l'argent. Elle a souligné que l'UE doit construire « des choses concrètes ». « Agir c'est ce que les Syriens nous demandent », a dit Hélène Flautre (Verts/ALE), demandant que les sanctions européennes soient renforcées et mises en œuvre.

Le ministre des Affaires étrangères danois, au nom de la Haute représentante, a rappelé que l'UE a plusieurs possibilités d'actions. La première est une force de maintien de paix « mais ne voyons pas bien comment cela pourrait se concrétiser, mais nous pourrions en parler en Tunisie », a souligné le ministre. Un corridor humanitaire pourrait aussi être créé. « Nous ne voulons pas l'exclure mais cela nécessite une large coopération internationale et des unités de combat pour le protéger », a-t-il ajouté. Le ministre a rappelé qu'il faut aussi empêcher la guerre civile, renforcer les sanctions et poursuivre l'aide humanitaire. « Nous voulons coopérer de plus en plus avec l'opposition, nous leur demandons ce que nous pouvons faire », a-t-il ajouté. (CG)

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