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Bulletin Quotidien Europe N° 10555
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) syrie

Paris espère un consensus sur l'arrêt des massacres

Strasbourg, 16/02/2012 (Agence Europe) - L'arrêt des massacres en Syrie pourrait permettre à la communauté internationale de s'accorder, a estimé jeudi 16 février le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, alors que sa rencontre le jour même avec son homologue russe Serguei Lavrov n'a rien donné. « Nous pouvons peut-être nous retrouver sur un objectif de très court terme, sur l'arrêt des massacres », a expliqué M. Juppé. « Il faut tout faire pour que la violence cesse et qu'une aide humanitaire importante soit apportée à la population syrienne », a-t-il ajouté.

Tout en se disant ouvert au dialogue, M. Lavrov a une nouvelle fois refusé de se prononcer sur la proposition française de créer des « corridors humanitaires ». « Il n'y a pas eu de discussion concrète à propos de l'initiative française. De ce qu'ils ont dit, ils n'ont rien de concret pour le moment », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères russe, Guennadi Gatilov. La veille, M. Lavrov avait souligné au sujet des corridors qu'« une chose est sûre, toutes les parties syriennes doivent être d'accord avec ce qui sera proposé ».

Pas de soutien russe à la résolution

La Russie ne devait pas non plus soutenir un projet de résolution sur la Syrie, soumise au vote de l'Assemblée générale des Nations unies dans la soirée de jeudi 16 février. « Le projet dans sa forme actuelle est inéquitable et ne prend pas en compte notre position », a déclaré une source anonyme. Mercredi, M. Lavrov avait déjà menacé de ne pas soutenir le texte. « Si la résolution est partisane et ignore le fait que des gens sont tués par des groupes armés de l'opposition, alors elle ne sera pas utile », avait-t-il expliqué.

Nouvelle constitution syrienne

Mercredi, la Syrie a annoncé que le projet d'une nouvelle Constitution sera soumis à référendum le 26 février. Selon le texte, « le système politique sera basé sur le principe du pluralisme politique et le pouvoir sera exercé démocratiquement à travers des élections ». La clause sur la primauté du parti Baas de la constitution de 1973, qui précise que ce parti est le dirigeant de l'État et de la société, disparaît du nouveau texte.

« Depuis le début du soulèvement, en mars, le régime a promis de nombreuses réformes qui sont restées lettre morte. Le président el Assad a perdu toute légitimité et crédibilité », a souligné le porte parole de Catherine Ashton, la Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Selon le président du Parlement européen, Martin Schulz, la proposition de soumettre une nouvelle constitution par référendum « devant une nation en guerre » est « inconcevable ».

Arrestations de militants

Jeudi, quatorze militants, dont la blogueuse Razan Ghazzawi et le directeur du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression Mazen Darwish, ont été arrêtées par les forces de sécurité dans les locaux de l'association à Damas. (CG)

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