Bruxelles, 16/02/2012 (Agence Europe) - Les maires des villes européennes ont pleinement saisi la main tendue par Johannes Hahn, le commissaire européen chargé de la politique régionale, les incitants à dialoguer avec la Commission européenne en vue de la prochaine programmation de la politique de cohésion.
Lors du premier forum urbain organisé à Bruxelles jeudi 16 février, des centaines d'élus locaux se sont réunis afin de réfléchir ensemble au développement des villes de demain, avec l'aide des fonds structurels européens. Des remarques claires ont été formulées à l'égard des propositions de la Commission: la liste de 300 villes européennes (dont 20 par pays maximum) inclues dans la « plateforme pour le développement urbain » ne convainc pas, les 5% du Fonds européen de développement régional (FEDER) dévolus aux villes non plus, et la concentration sur 11 priorités encore moins. Hanna Gronkiewicz, maire de Varsovie et aussi vice-présidente d'Eurocities, voudrait savoir jusqu'où peuvent aller ces 5%, et elle souhaite que les villes soient considérées comme équivalentes aux régions dans les contrats de partenariat. Le député européen Jan Olbrycht (PPE, polonais), rapporteur sur le FEDER, a assuré qu'il voulait à tout prix « éviter de créer des règlements que l'on ne puisse traduire dans la réalité » et qu'il préférait le vocable de blocs urbains fonctionnels que ville, afin de mieux refléter les zones alentours.
Ce que les maires veulent avant tout c'est une approche intégrée et décentralisée où les villes seront vraiment associées aux politiques européennes, et que ces dernières prennent mieux en compte les besoins urbains. « Je ne souhaite pas que l'UE vienne nous dire dans nos villes ce qui doit être mis en œuvre. Il doit y avoir de grandes priorités mais aussi une alchimie de mise en œuvre sur laquelle on garde la main pour atteindre des objectifs », affirme le maire de Dunkerque Michel Delebarre, aussi président de la commission cohésion territoriale du Comité des régions (COTER). Le commissaire européen le consent: « Les villes détiennent la clé pour répondre à leurs problèmes. C'est dans les villes que l'on peut travailler le mieux pour réconcilier les objectifs environnementaux et économiques ». (MD)