Bruxelles, 16/02/2012 (Agence Europe) - Le référendum sur l'introduction du russe comme seconde langue officielle en Lettonie qui se tiendra samedi 18 février fait l'objet d'avis contradictoires au sein du Parlement européen. Si les députés européens Tatjana Zdanoka (Verts/ALE, lettone) et Csaba Tabajdi (S&D, hongrois) ont salué l'initiative de l'ONG « Langue maternelle » d'organiser un référendum en faveur des minorités russophones de Lettonie, le PPE reste sceptique et défend le maintien du letton comme seule langue officielle.
« La préservation et le développement de l'identité nationale sont essentiels pour les nations européennes, particulièrement à l'ère de la mondialisation (…) et la langue est un élément clé de cette identité », souligne Inese Vaidere (PPE, lettone). Et Joseph Daul (français), président du groupe PPE au Parlement européen, de rajouter qu'il est du « devoir des citoyens vivant dans une même communauté nationale d'apprendre la langue de leurs pays (…) en Lettonie, la langue est le letton ».
L'initiation de ce référendum fait suite à une première pétition lancée en 2010 par le parti conservateur et nationaliste letton - Pour la Patrie et la Liberté - en vue d'abolir toutes les formes d'enseignement public dans la langue minoritaire. Sous l'impulsion de l'ONG « Langue maternelle » en novembre 2011, la nouvelle pétition a récolté près de 200.000 signatures, soit 10% de la population lettone.
En vertu de la Convention cadre du Conseil de l'Europe et de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, les gouvernement et parlement lettons ne respectent pas les droits de la minorité russophone, regrette Csaba Tabajdi (S&D, hongrois), alors que celle-ci représente près de 40% de la communauté linguistique en Lettonie. « La situation que vit la minorité russophone en Lettonie est intolérable », s'insurge-t-il. Néanmoins, M. Tabajdi rappelle que dans ce conflit linguistique les Russes ont aussi des responsabilités, notamment être capable de s'exprimer à la perfection en letton.
Le député hongrois appelle les deux communautés linguistiques à dégager un compromis et à trouver un « modus vivendi » permettant d'« intégrer la minorité russophone» dans la société lettone. (SD/stagiaire)