Bruxelles, 16/02/2012 (Agence Europe) - Si l'assainissement budgétaire est nécessaire, il ne constitue pas la seule réponse à l'endettement que connaissent les États de l'Union européenne. Il faut aussi que l'UE renforce sa compétitivité, et la Banque européenne d'investissement (BEI) a un rôle à jouer à cet égard en soutenant sans discontinuer l'économie réelle, en combinant ses prêts avec des aides non remboursables de l'UE et en offrant son expertise technique. C'est en ces termes que le nouveau président de la Banque, Werner Hoyer, s'est adressé à la presse à l'occasion de la présentation à Bruxelles jeudi 16 février des activités de financement de la « Banque de l'UE » en 2011. Et de faire valoir que, l'année dernière, le groupe BEI a accordé 13 milliards d'euros de financements aux PME, ce qui constitue « un record ». En 2012, la BEI assurera la continuité de la politique menée par son ex-président, Philippe Maystadt, a assuré M. Hoyer. Autrement dit, les priorités de l'institution resteront les mêmes et les ressources seront affectées selon une clé de répartition quasi identique à celle appliquée en 2011. Toutefois, conformément à sa stratégie axée sur la préservation de la solidité financière grâce à un retour progressif aux niveaux d'activité d'avant 2008, la BEI prévoit, pour 2012, de ramener de 61 milliards d'euros à 50 milliards l'enveloppe globale des prêts octroyés. Un retour aux niveaux d'activité antérieurs prévu par les Vingt-sept dans le paquet adopté pour endiguer la crise financière et économique en 2009 et 2010.
En 2011, la BEI a signé des nouveaux prêts dans près de 70 pays pour un montant de 61 milliards d'euros, dont 54 milliards pour la réalisation de projets situés dans l'UE et 7 milliards pour des projets dans le reste du monde. Elle a été en mesure de décaisser 60 milliards d'euros pour apporter un soutien financier à l'économie réelle.
La proportion des financements de projets de réduction des émissions de carbone a été portée à 30 % du volume total de prêt, 18 milliards d'euros ayant été alloués à l'action en faveur du climat. Les investissements relevant de cet objectif ont concerné en particulier les énergies renouvelables (5,5 milliards), l'efficacité énergétique (1,3 milliard) et les transports durables (8 milliards).
En 2011, les prêts à l'extérieur de l'UE, d'un montant supérieur à 7 milliards d'euros, ont été consacrés pour moitié aux pays préadhésion. Par ailleurs, la BEI jouant un rôle important dans le partenariat de Deauville créé en mai par le G8 pour accompagner la transition démocratique et économique des pays méditerranéens dans le sillage du 'printemps arabe', près de 1 milliard d'euros de prêts ont été signés en faveur du développement du secteur privé et de l'accélération des projets d'infrastructures dans la région. Les signatures dans les pays voisins orientaux de l'UE ont atteint le niveau record de 800 millions d'euros.
Dans le droit fil des conclusions du Conseil européen informel qui s'est tenu le 30 janvier dernier, l'action du groupe BEI en 2012 demeurera prioritairement axée sur le soutien à la croissance durable et à l'emploi dans l'UE. À l'extérieur de l'UE, les principaux destinataires des financements de la BEI seront les pays préadhésion et les pays voisins de l'Est et du Sud.
Enfin, en réponse à la demande des dirigeants de l'UE, le groupe BEI examinera en 2012, avec la Commission européenne, les possibilités de conférer un effet de levier aux ressources budgétaires de l'UE. Il se tient prêt, en cas d'apport de ressources budgétaires supplémentaires par l'UE, à réviser ses objectifs de prêt, a affirmé M. Hoyer. (OL)