Bruxelles, 16/02/2012 (Agence Europe) - Le Parlement européen a demandé jeudi 16 février à Strasbourg à la Commission européenne de « reconnaître le caractère multifonctionnel du secteur de la pêche et la valeur ajoutée qu'il apporte en produisant un vaste éventail de biens publics ». En adoptant une résolution commune (PPE, S&D, ADLE, Verts/ALE, ECR) sur la contribution de la politique commune de la pêche (PCP) à la production de biens publics, le PE demande à la Commission d'inclure, dans la PCP réformée, le concept de 'conditionnalité', déjà utilisé dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), « de manière à garantir une discrimination positive en faveur des pratiques de pêche respectueuses de l'environnement, par exemple au moyen d'un meilleur accès aux fonds ».
Le PE souligne qu'une bonne gestion du secteur de la pêche permettrait d'apporter une plus grande contribution à la société européenne en termes de sécurité alimentaire, d'emploi, de maintien de communautés de pêche dynamiques, et à bien d'autres égards encore. Il souligne que des stocks halieutiques sains, des écosystèmes marins en bon état et la préservation de la biodiversité marine constituent en soi des biens publics qui ne sont produits que si les stocks halieutiques sont gérés conformément aux principes du développement durable et si les impacts négatifs inutiles sur l'environnement sont réduits au maximum.
Il souligne que la PCP contribue à la réalisation des objectifs de la stratégie EUROPE 2020 en matière de biodiversité, « en prenant des mesures de précaution qui visent à éliminer les pratiques de pêche destructrices, en assurant le repeuplement des stocks halieutiques surexploités et en prenant des mesures pour protéger les espèces qui ne sont pas visées par la pêche ».
En termes économiques, le secteur de la pêche (aquaculture comprise) rapporterait 34,2 milliards d'euros par an. Sur le plan social, il créerait plus de 350 000 emplois. Le PE souligne que le secteur de la pêche joue également un rôle important dans différents autres domaines comme l'environnement, la culture (gastronomie, histoire, littérature…), les loisirs et le tourisme (sorties en mer, observation des baleines, plongée…), la science, l'énergie et l'éducation et insiste en particulier sur l'importance, à cet égard, du secteur de la petite pêche.
Le PE est d'avis que la multifonctionnalité du secteur de la pêche doit être pleinement prise en considération dans le financement de la PCP, mais souligne que la production de ces biens publics supplémentaires « ne saurait servir de prétexte pour retarder l'adoption des réformes nécessaires de la PCP ».
La Commission est invitée à « aider les petits ports de pêche » qui ont été rudement touchés par la diminution des débarquements du fait de la surpêche.
S'agissant de l'aquaculture, le PE préconise une politique spécifique pour garantir la durabilité environnementale de ce secteur. La Commission est invitée à: - établir des critères qualitatifs généraux en ce qui concerne l'aquaculture, qui devraient être garantis dans toute l'Union et prendre en compte les incidences environnementales et sociales de l'aquaculture ; - veiller à ce que les produits de l'aquaculture importés aient été produits conformément aux normes de durabilité et de qualité pertinentes de l'Union, comme celles régissant le respect de l'environnement ou le bien-être des animaux.
En outre, le PE demande que la pêche de loisir soit abordée séparément dans le cadre du processus de réforme de la PCP.
Le PE admet que la poursuite des efforts de diversification des activités directement ou indirectement liées à la pêche pourrait « aider à ralentir l'exode des travailleurs employés dans ce secteur, à maintenir en vie des coutumes et des traditions régionales et à mettre un terme au dépeuplement de certaines régions côtières ».
Enfin, il est demandé à la Commission (pour promouvoir l'essor d'activités parallèles) de trouver une solution juridique permettant aux pêcheurs de se procurer d'autres sources de revenu au sein du large éventail d''activités liées à la pêche', sans être sanctionnés sur le plan financier. (LC)