Bruxelles, 16/02/2012 (Agence Europe) - Menacée par l'Iran d'une révision à la baisse de ses ventes aux pays européens, sans les interrompre pour l'instant, en réponse à l'embargo graduel sur ses exportations de pétrole décidé par les Vingt-sept fin janvier, l'UE relativise l'impact d'une telle décision.
Par la voix d'un responsable de son ministère des Affaires étrangères, l'Iran a de nouveau averti, le 15 février, qu'il pourrait interrompre immédiatement ses exportations de pétrole à l'Europe, après l'embargo décidé en janvier par l'UE sur le brut iranien, précisant toutefois qu'une telle suspension n'avait, à ce stade, pas eu lieu pour des raisons humanitaires et à cause du froid. Les autorités iraniennes ont convoqué séparément les ambassadeurs de six États membres - Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal et Pays-Bas - auxquels Téhéran a signifié qu'il allait revoir ses ventes de pétrole qui leur étaient destinées.
Les prix du baril ont connu une brève envolée après cette annonce, qui renforce les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques de l'UE, malgré les assurances de l'Arabie saoudite, premier exportateur, sur sa capacité à compenser l'absence de brut iranien. Mais à Bruxelles, la Commission européenne a tenu à rassurer aussitôt. Si elle devait se concrétiser, la baisse des exportations iraniennes de brut n'affecterait guère les importateurs européens, qui ont de toute façon l'intention de changer de fournisseur, a expliqué la porte-parole du commissaire à l'Énergie Günther Oettinger, Marlene Holzner. Le pétrole peut être obtenu sur les marchés internationaux et l'Arabie Saoudite a dit qu'elle augmentera sa production, a-t-elle ajouté, précisant que les pays concernés allaient se tourner vers d'autres fournisseurs. Selon son ministre des Affaires étrangères Paulo Portas, le Portugal a déjà réduit totalement sa dépendance pétrolière vis-à-vis de l'Iran qui était de 6%. Deuxième pays de l'OPEP, l'Iran vend 20% de son pétrole à l'UE, en grande partie à l'Espagne, à l'Italie et à la Grèce. (EH)