Bruxelles, 16/02/2012 (Agence Europe) - Le gouvernement grec remplit les trois conditions préalables au feu vert des ministres des Finances de la zone euro sur l'octroi d'une aide financière mais la méfiance des pays aux économies les plus solides envers sa capacité à remplir ses engagements laisse encore planer un doute sur la finalisation du 2ème sauvetage grec, lundi 20 février lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe.
Plusieurs pays du nord de l'Europe tels que l'Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande veulent obtenir toutes les garanties que les élections législatives d'avril en Grèce ne feront pas dérailler le 2ème programme grec. « Idéalement, vous voulez traiter avec des dirigeants dont vous savez qu'ils apporteront leur soutien au paquet d'aide après les élections. C'est pour cela qu'il a été suggéré d'attendre jusqu'après les élections. On pourra alors négocier cet engagement avec le nouveau gouvernement », a déclaré le ministre néerlandais des Finances Jan Kees de Jager, jeudi 16 février au Het Financieele Dagblad. La veille, son homologue allemand Wolfgang Schäuble avait considéré que la situation politique de la Grèce constituait l'élément « le plus problématique ». « Qui va garantir que ce que nous décidons maintenant vaudra toujours après les élections ? », s'était-il interrogé, déclenchant la colère du président grec Karolos Papoulias.
La Grèce remplit pourtant les trois conditions imposées par l'Eurogroupe avant la finalisation du 2ème programme grec: - le parlement grec a voté dimanche sur les mesures budgétaires et structurelles à appliquer en échange d'une aide publique de 130 milliards d'euros et d'une restructuration partielle de la dette grecque de 100 milliards d'euros ; - les deux forces politiques restant dans la coalition gouvernementale, le parti socialiste PASOK et le parti conservateur 'Nouvelle Démocratie', se sont engagées à appliquer le 2ème programme grec quel que soit le résultat des élections ; - 325 millions d'euros de nouvelles coupes dans des dépenses structurelles ont été identifiées (EUROPE n°10551).
Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a salué les progrès réalisés, mercredi soir à l'issue d'une téléconférence des dix-sept ministres des Finances. Outre le respect de ces trois conditions, « une liste détaillée d'actions prioritaires assortie à un calendrier de mise en œuvre a été mise au point » et le rapport sur la soutenabilité de la dette grecque a été finalisé, a-t-il fait savoir par voie de communiqué. M. Juncker s'est dit « confiant que l'Eurogroupe sera en mesure de prendre les décisions nécessaires lundi 20 février » concernant le programme grec et le déclenchement de l'opération financière de restructuration de la dette hellénique. D'ici là, les travaux se poursuivront sur l'introduction de « mécanismes visant à renforcer la surveillance de la mise en œuvre du programme et à garantir que la priorité est accordée au remboursement de la dette ». C'est dans ce contexte qu'est envisagée la création d'un compte bloqué permettant de distribuer au compte goutte l'aide à la Grèce (EUROPE n°10548). (MB)