Bruxelles, 08/02/2012 (Agence Europe) - Le budget 2012 de l'Union européenne affiche d'ores et déjà un trou de 11 milliards d'euros, a déclaré, mercredi 8 février, le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, qui va devoir frapper à la porte des États membres pour le combler. De ce fait, « il y a aura sans doute un trou à la fin de l'année, pour lequel je devrai demander (aux États membres) des financements supplémentaires », prévient-il dans le quotidien Financial Times Deutschland.
Les États membres doivent avancer les fonds et ils envoient les factures à la Commission pour qu'elle rembourse. Fin décembre 2011, « on a reçu pour 15 milliards d'euros de factures, principalement dans le domaine de la politique de cohésion et du Fonds social européen. On a pu en payer à peu près 4 milliards. Donc on n'a pas pu payer la somme de 11 milliards d'euros. Donc cela passe sur le budget 2012 », a expliqué à EUROPE le porte-parole du commissaire Lewandowski. Mais quand le budget 2012 a été adopté le 29 novembre 2011, le Conseil des ministres de l'UE avait réduit fortement les crédits de paiements, et le commissaire au Budget avait averti que l'UE risquait d'avoir de gros problèmes en 2012, sans savoir à l'époque que cette facture tomberait fin 2011. « On commençait l'année avec un budget 2012 maigrichon, et on s'inquiétait déjà. Maintenant, on doit rajouter 10% de factures en plus », se lamente le porte-parole de M. Lewandowski. Dans l'entourage de M. Lewandowski, on relève des « contradictions flagrantes » au sein des États membres. D'un côté, le Conseil européen estime que les fonds européens sont un des outils pour sortir de la crise (PME, infrastructures) alors que de l'autre, les gouvernements européens coupent les crédits de paiements.
La Commission est en train de travailler sur les moyens de trouver ces 11 milliards d'euros, dans un contexte où depuis des années, le budget européen diminue par rapport au revenu national brut de l'UE. Plusieurs options sont sur la table: - étaler les montants à rembourser sur une plus longue période de temps (mais il faut voir cela avec le service juridique) ; - opérer quelques modifications au sein du budget (mais cela ne couvrira jamais 11 milliards) ; - proposer un budget rectificatif demandant aux pays de l'UE de l'argent frais pour payer les factures. (LC)