Bruxelles, 08/02/2012 (Agence Europe) - Dans un communiqué, l'Union des étudiants européens (ESU) dénonce la nouvelle loi hongroise qui oblige les étudiants bénéficiaires d'un financement public, à travailler sur le territoire national pendant une période au moins deux fois supérieure à la durée de leurs études. Pour l'ESU, cette loi est une restriction évidente à la liberté de circulation des étudiants dans l'Union européenne, « La nouvelle loi hongroise dans le secteur de l'éducation restreint fortement la libre circulation des étudiants hongrois. Nous appelons la Commission européenne à agir et d'entamer immédiatement une enquête approfondie sur la légalité d'une telle législation dans l'UE », a déclaré Allan Päll, le président de l'ESU.
La loi litigieuse a été adoptée le 23 décembre 2011 par le gouvernement hongrois. Elle oblige les étudiants, dont les études sont financées pleinement ou partiellement par l'État, à signer un contrat par lequel ils s'engagent à travailler sur le territoire national pour une période déterminée par la durée de leurs études. Cette obligation est valable pendant vingt ans, après l'obtention du diplôme. Les étudiants qui ne rempliraient pas cette obligation, devraient rembourser la totalité du financement qu'ils ont reçu de la part de l'État, plus intérêts. Cette loi s'ajoute à un programme de restrictions budgétaires décidées par le gouvernement hongrois l'an dernier (30 milliards de forints d'économies, soit 101 millions d'euros de moins prévus pour le secteur éducation en 2012), qui pénalisera l'accès aux études supérieures pour de nombreux étudiants. Après plusieurs manifestations à l'automne dernier, l'association des étudiants hongrois (HÖOK), membre de l'ESU, organisait ce 8 février une veillée pour dénoncer la situation, par des températures avoisinant les -20°. « Le gouvernement hongrois coupe dans l'éducation comme un boucher aveugle avec, par-dessus tout, une limitation de la liberté des étudiants diplômés. Il faut mettre fin à ceci le plus vite possible, sinon la Hongrie risque de se transformer en une prison à ciel ouvert », a déclaré M. Päll. (IL)