Bruxelles, 08/02/2012 (Agence Europe) - Une réunion de l'Eurogroupe consacrée à la Grèce a été convoquée à Bruxelles jeudi 9 février à 18h00 par son président, le Premier ministre luxembourgeois. Jean-Claude Juncker avait indiqué mercredi après-midi l'éventualité de la tenue de cette réunion en fonction des résultats des discussions à Athènes en vue d'un accord sur le 2ème sauvetage de la Grèce. La convocation de l'Eurogroupe pourrait donc indiquer qu'un accord global sur le plan d'aide à la Grèce est à portée de main.
Après plusieurs ajournements depuis lundi, les trois principaux partis politiques formant la coalition gouvernementale grecque se sont finalement réunis, mercredi 8 février à 15 heures, en vue de marquer un accord sur le 2ème sauvetage de la Grèce qui comprend une aide financière d'au moins 130 milliards d'euros et une restructuration de la dette grecque en échange de mesures budgétaires et macro-économiques draconiennes. Le parti socialiste PASOK, le parti conservateur 'Nouvelle Démocratie' et le parti nationaliste LAOS ont reçu une copie du document reprenant les mesures structurelles phares que la Grèce aura obligation de mettre en œuvre dans le cadre de son 2ème programme d'ajustement économique. Figurent parmi ces mesures des coupes budgétaires supérieures équivalentes à 1,5% du PIB grec pour 2012, une réduction de 20% du salaire minimum dans le secteur privé malgré l'opposition des partenaires sociaux, des coupes dans les retraites complémentaires et la suppression de 15 000 postes dans la fonction publique. Les Européens exigent l'engagement formel des trois partis grecs à appliquer le 2ème programme grec quel que soit l'issue des élections législatives au printemps. Tout accord devra être confirmé par le parlement grec d'ici mi-février.
Le leader de 'Nouvelle Démocratie' Antonis Samaras, pressenti pour devenir le prochain Premier ministre grec, a dit à Dow Jones avoir « un problème » avec l'idée franco-allemande de mettre sur pied un fonds spécial visant à garantir les créanciers privés, voir institutionnels, d'Athènes (EUROPE n°10548). Selon lui, ce fonds représente « un contrôle indirect de la Grèce par l'Allemagne ».
Restructuration de la dette, la BCE impliquée ? La Banque centrale européenne accepterait de ne pas être totalement remboursée sur les obligations grecques qu'elle détient. Afin de lutter contre la crise de la dette souveraine, la BCE a acheté depuis mai 2010 sur le marché secondaire pour 40 milliards d'euros de titres grecs. L'idée consisterait à échanger les titres grecs avec d'autres titres adossés au Fonds européen de stabilité financière (FESF) lors de la restructuration partielle de la dette hellénique, attendue pour mi-février, affirme le Wall Street Journal. L'Institut de Francfort accepterait de cette manière de ne pas être remboursé totalement, soit un gain potentiel pour la Grèce d'une dizaine de milliards d'euros. Ce coup de pouce supplémentaire contribuerait à remettre la dette grecque sur une trajectoire soutenable au niveau de 120% du PIB d'ici 2020. (MB)