Bruxelles, 08/02/2012 (Agence Europe) - Plusieurs idées circulent pour agir sur la situation en Syrie, a souligné, mercredi 8 février, un haut diplomate européen. Selon lui, les pays occidentaux et de la Ligue arabe pourraient essayer de présenter une nouvelle résolution à l'ONU, auprès de l'Assemblée générale, et des discussions se poursuivent sur la nomination d'un envoyé spécial coiffé d'une double casquette Onu/Ligue Arabe. La Ligue arabe préconise, elle, la mission d'observation et se réunira d'ici la fin de semaine pour décider si elle arrête cette mission ou la renforce, a souligné ce diplomate européen.
Une autre idée est la création d'un groupe sur le modèle du groupe du Caire créé lors de la crise libyenne, avec la Ligue arabe, les Nations unies et la Haute représentante de l'UE. Un groupe de contact pourrait aussi être créé. « Certains États membres essaient de trouver une solution, avec la mise sur pied d'un groupe de contact qui pourrait s'appeler 'le groupe des amis de la Syrie' mais on en est encore à la prise de vue, il n'y a rien de décidé », a ajouté le diplomate. Qui rappelle que l'option militaire est exclue: « À aucun moment n'a été mentionnée l'idée d'une zone d'exclusion aérienne », a-t-il précisé.
De son coté, la Turquie a appelé à l'organisation d'une conférence internationale « dans les plus brefs délais ». « Nous sommes déterminés à constituer un forum à base élargie pour une entente internationale avec les pays qui sont préoccupés » par la situation, a annoncé le ministre des Affaires étrangères turc, Ahmet Davutoglu. La Turquie mène une diplomatie active pour mettre en œuvre « une nouvelle feuille de route », a-t-il ajouté.
L'UE se prépare. Les Européens devraient eux, renforcer leurs sanctions. En plus des métaux précieux ou des transactions de la Banque centrale (EUROPE n° 10548), l'UE, qui achète 40% des exportations syriennes de phosphate, pourrait en interdire l'importation. L'Union souhaite aussi envoyer des experts supplémentaires dans le pays et va renforcer ses délégations au Liban et en Jordanie. Elle se prépare au rapatriement, si nécessaire, des Européens mais aussi de ressortissants de pays tiers.
El Assad s'engage pour la paix. Mardi, le président syrien Bachar el Assad a annoncé, à l'issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, qu'il s'engageait à faire cesser les violences. « Le président syrien nous a assuré qu'il s'était entièrement engagé à faire cesser les violences d'où qu'elles viennent », a expliqué M. Lavrov. « La Syrie a fait part de son intérêt pour que la Ligue arabe poursuive sa mission et multiplie le nombre d'observateurs ». Un engagement qui ne convainc guère. « C'est vraiment une manipulation dans laquelle nous n'allons pas tomber », a déclaré le chef de la diplomatie français, Alain Juppé, rappelant que ce n'est pas la première fois que le président s'engage. « Je ne crois absolument pas aux engagements du régime syrien qui s'est discrédité. (…) Lorsque l'on massacre 6000 de ses concitoyens, on n'a plus de légitimité », a-t-il ajouté, alors que les violences se poursuivent dans le pays. (CG)