Bruxelles, 08/02/2012 (Agence Europe) - De nouvelles règles européennes pour le 'vin biologique' ont été adoptées mercredi 8 février par le comité permanent de l'agriculture biologique (SCOF), et seront publiées au Journal officiel au cours des prochaines semaines. En 2010, la production de vin bio dans l'UE a occupé plus de 75 000 hectares, ce qui est très peu comparé à la surface totale plantée en vigne (3,5 millions d'hectares). Les plus gros producteurs de vins bio sont l'Italie (30 341 ha), la France (21 403 ha) et l'Espagne (17 665 ha).
En vertu du nouveau règlement, qui s'appliquera à partir de la récolte 2012, les producteurs de vin biologique seront autorisés à utiliser les termes « vin biologique » sur leurs étiquettes. Les étiquettes devront également comporter le logo biologique de l'UE et le numéro de code de leur certificateur, et respecter les autres règles en matière d'étiquetage du vin. Bien que des règles existent déjà pour le 'vin obtenu à partir de raisins issus de l'agriculture biologique', elles ne couvrent pas les pratiques œnologiques, c'est-à-dire l'ensemble du processus d'élaboration, du raisin jusqu'au vin. Le vin est le seul secteur non couvert intégralement par les règles de l'UE relatives aux normes de l'agriculture biologique en application du règlement 834/2007.
Dacian Ciolos, le commissaire à l'Agriculture, a salué cet accord qui permet d'établir des règles « harmonisées garantissant une offre claire aux consommateurs, qui s'intéressent de plus en plus aux produits biologiques ». Ces règles différencient clairement le vin traditionnel et le vin biologique, comme c'est le cas pour d'autres produits biologiques, a-t-il noté. Les consommateurs peuvent être certains que tout 'vin biologique' aura été produit selon des règles de production plus strictes, a assuré le commissaire.
Les nouvelles règles permettront de faciliter le fonctionnement du marché intérieur, mais également de renforcer la position des vins biologiques de l'UE au niveau international, étant donné que de nombreux autres pays producteurs de vin (États-Unis, Chili, Australie, Afrique du Sud) ont déjà mis en place des normes applicables aux vins biologiques. Le nouveau règlement prévoit un sous-groupe de pratiques œnologiques (vinification) et de substances pour les vins biologiques, définies dans le règlement relatif à l'organisation commune du marché du vin (OCM) [CE n° 606/2009]. Ainsi, l'acide sorbique et la désulfuration ne seront pas autorisés et le niveau de sulfites dans le vin biologique doit être inférieur d'au moins 30 à 50 mg par litre par rapport à son équivalent traditionnel (en fonction de la teneur en sucre résiduel). Le règlement recense les techniques œnologiques et les substances autorisées pour le vin biologique. Il s'agit notamment des éléments suivants: une teneur maximale en sulfites fixée à 100 mg par litre pour le vin rouge (150 mg/l pour le vin traditionnel) et 150 mg/l pour le vin blanc/rosé (200 mg/l pour le vin traditionnel), avec un différentiel de 30 mg/l lorsque la teneur en sucre résiduel est supérieure à 2 g par litre. (LC)