Bruxelles, 08/02/2012 (Agence Europe) - Neuf États membres ont invité mardi 7 février la présidence danoise de l'UE à « accélérer les travaux du Conseil » sur le projet européen de taxe sur les transactions financières (TTF), de sorte que la première lecture du projet puisse être achevée « dès le premier semestre 2012 ». En cas de blocage au niveau des Vingt-sept, ces États pourraient, selon certaines sources, adopter leur propre dispositif dans le cadre d'une « coopération renforcée », autorisée par les traités si elle associe au moins neuf États membres.
Dans leur lettre commune à la présidence, le Premier ministre italien et les ministres des Finances de France, Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, Grèce et Portugal expriment leur « plein soutien » au projet de directive instaurant la TTF dans l'UE, présenté en septembre dernier par la Commission. Ils se disent convaincus de la nécessité de cette taxe au niveau de l'UE « pour assurer une juste contribution du secteur financier au coût de la crise financière et pour améliorer la régulation des marchés financiers ». Ils souhaiteraient dès lors une décision de la présidence pour accélérer l'analyse du projet et le processus de négociation, d'autant que « plusieurs aspects de la directive doivent être examinés sur le plan technique et détaillés pour devenir opérationnels ».
La présidence a bien accueilli la lettre, confirmant sa volonté d'accélérer le processus par des travaux techniques ultérieurs en préparation d'une discussion politique au Conseil des ministres des Finances. L'initiative des neuf pays a été par ailleurs soutenue en conférence de presse par le commissaire Barnier, qui a estimé que « la taxe, lorsqu'elle sera créée sera économiquement supportable, financièrement productive, techniquement, assez facile et, surtout, politiquement juste ». « Neuf pays, c'est mieux que deux ou trois », a dit le commissaire, faisant allusion aux initiatives récentes de l'Allemagne pour accélérer les travaux et favoriser l'acceptation de la taxe par les Vingt-sept, et surtout par la France, qui entend « montrer l'exemple » en appliquant unilatéralement, dès le mois d'août, une taxe de 0,1% sur certaines transactions financières.
Le projet, qui doit être voté au Conseil à l'unanimité, rencontre toutefois de fortes résistances de la part de plusieurs États membres tels que le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark, l'Irlande, la République tchèque ou Malte, certains d'entre eux craignant une perte de compétitivité des places européennes et une délocalisation des transactions, d'autres, un impact sur la croissance et des coûts supplémentaires répercutés sur les consommateurs. (FG)