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Bulletin Quotidien Europe N° 10546
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) concurrence

European Competition Forum - croissance et concurrence vont de pair

Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - Développer le marché unique - notamment dans le secteur des services - afin de stimuler la croissance, l'innovation et l'emploi en Europe en utilisant la politique de concurrence comme « catalyseur » ; rendre par ce biais les entreprises européennes plus performantes et compétitives pour affronter la concurrence internationale ; continuer à lutter contre les monopoles et le protectionnisme par des règles plus simples, plus claires et mieux ciblées, notamment en matière de contrôle des aides d'État. Voilà les idées-forces qui se sont dégagées de la première édition du European Competition Forum organisée jeudi 2 février à Bruxelles (EUROPE n° 10542), qui devait permettre aux 450 participants (responsable européens, experts et groupes de réflexion, représentants des États, des entreprises, des consommateurs, ONG, etc.) d'initier un dialogue sur la politique de concurrence européenne qui se poursuivra tous les ans par des rencontres du même type.

Les discussions couvraient cette année les trois domaines de la politique européenne de la concurrence - lutte antitrust, concentrations d'entreprises et aides d'État - en portant sur trois sujets principaux: la contribution de la politique européenne de concurrence à la croissance et à la compétitivité des entreprises, les réformes possibles du contrôle des aides d'État afin de renforcer le marché intérieur, le modèle unique de mise en oeuvre de la concurrence développé dans l'Union au fil des ans.

Dans son introduction, le président de la Commission européenne, José Manue Barroso, a insisté sur le rôle fondamental de la politique de concurrence pour rendre le marché unique performant, juste et crédible et pour renforcer la compétitivité des entreprises au plan intérieur et sur le plan international. Pour lutter contre la crise, le dernier Sommet européen a insisté particulièrement sur la nécessité d'approfondir le marché unique en tant qu'instrument pour relancer la croissance, a dit le président. Mais « il n'y aura pas de croissance sans une saine concurrence » qui rende les entreprises européennes performantes, innovantes et capables de résister dans la compétition internationale. Un marché unique concurrentiel, avec des règles simplifiées claires, uniformes et respectées par tous, qui stimule l'ouverture et l'innovation dans le plus grand nombre de domaines possible, est l'autre condition à cet égard. Dans ce but, la politique de concurrence doit « favoriser la justice et le mérite », en luttant contre les monopoles et le protectionnisme, même au prix de « décisions difficiles » prises par la Commission en toute indépendance, a indiqué le président Barroso.

Nombre d'autres intervenants partageaient ces idées, dont la directrice générale de l'Autorité danoise de la concurrence, Mme Agnete Gersing, selon laquelle « une concurrence faible donne des entreprises faibles, alors qu'une forte concurrence les renforce », ou le chinois Ren Zhengfei (directeur exécutif de Huawei Technologies), qui a estimé que « les industries très protégées (...) ne sont pas capables de prospérer dans le marché mondial ». Leif Johansson (Table ronde européenne des industriels) a plaidé pour des liens plus étroits entre PME et grandes sociétés pour développer des produits innovants et pour une réglementation mieux ciblée dans certains secteurs, comme le secteur financier. Sharon Bowles, présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du PE a remarqué que les 1,6 trillions d'euros mis à la disposition des banques n'ont pas eu l'effet voulu pour le financement de l'économie réelle et que les entreprises qui survivent au resserrement du crédit ne sont pas les plus efficaces, mais celles qui ont accès aux liquidités. D'où la nécessité, selon elle, d'avoir des « dispositions plus sévères qui affinent les règles » et « plus de transparence ».

Le vice-président de la Commission chargé de la concurrence a lui-aussi vanté les vertus de la concurrence, qu'il considère comme « l'un des moteurs les plus puissants de la croissance dans l'UE » en ce qu'il « incite les entreprises à rechercher un avantage concurrentiel et à l'innovation ». Elle agit, selon lui, comme un « catalyseur » pour la réalisation du marché intérieur. Ainsi, avec sa politique de concurrence, la Commission « va accompagner de toutes les manières possibles » le plan de réformes adopté lundi par les chefs d'État et de gouvernement pour stimuler le dynamisme économique et relancer la croissance.

M. Almunia a profité par ailleurs du Forum pour annoncer une modernisation des règles de contrôle des aides d'État qui devrait être en place pour l'essentiel pour la fin de 2013. Cette réforme vise à concentrer les contrôles prioritairement sur les cas ayant un fort impact sur la concurrence dans le marché intérieur et à simplifier le traitement des aides ayant un effet local. L'objectif est de prendre des décisions plus rapides, basées sur de meilleures informations et de permettre à la Commission de traiter plus de cas de sa propre initiative. Cette réforme soutiendra les efforts des États pour améliorer la qualité de leurs dépenses et les réorienter vers des politiques et des activités créatrices de croissance. Pour être efficaces, les dépenses publiques doivent pallier les déficiences du marché et « l'aide des gouvernements devrait aller là où elle peut faire une différence pour la compétitivité de l'UE et où elle peut stimuler l'innovation, la croissance et l'emploi » (recherche et développement, économie « verte », etc.) a-t-il expliqué. (FG)

 

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