Bruxelles, 03/02/2012 (Agence Europe) - Plus de 38 000 migrants entrés illégalement dans l'UE avaient été détectés au dernier trimestre 2011, une hausse de 11% par rapport à fin 2010, a indiqué l'agence Frontex dans un rapport du 18 janvier, l'agence ayant notamment observé une hausse des entrées dans les points déjà connus, la frontière gréco-turque et Lampedusa. L'agence a également observé une hausse des demandes de protection internationale avec 64 000 applications déposées dans les États membres.
Les Afghans, poursuit l'agence, constituent d'ailleurs la première nationalité des migrants entrés illégalement dans l'UE, représentant un quart des entrées, suivis par les Pakistanais qui sont notamment « jeunes, éduqués et sans emploi dans leur pays ». La plupart de ces ressortissants pakistanais étaient arrivés en Allemagne, Italie, Belgique, France et Royaume-Uni.
Dans le détail, explique Frontex, 18 000 migrants illégaux ont été enregistrés à la frontière gréco-turque, dont 46% venaient d'Afghanistan. Une hausse des entrées de ressortissants des Balkans avait aussi été observée, ceux-ci passant par exemple par la Hongrie et la Slovénie ou encore par la Grèce pour se rendre dans d'autres pays de l'UE.
Pour les entrées via Lampedusa, qui avait détrôné la frontière gréco-turque début 2011 avec les évènements du 'printemps arabe', la baisse a en revanche été radicale, de 50% quasiment et 12 000 entrées ont été observées, dit encore Frontex, dont 3 370 Tunisiens et 3 000 Nigérians.
Quant à l'Espagne, autre pays de première ligne, elle a connu sa plus grande hausse d'entrées illégales en 3 ans (plus de 60%) avec 3 500 personnes arrivées de l'Afrique du Nord ou sub-saharienne, ce qui fait de ce pays le 3ème plus « large point d'entrée dans l'UE », dit l'agence.
Et en ce qui concerne les demandes de protection internationale, Frontex note que le plus grand nombre d'entre elles avait été déposé en Italie par des ressortissants du Nigeria, du Ghana, du Mali ou du Pakistan. Le nombre de demandes issues du Pakistan et de l'Afghanistan avait également augmenté en Allemagne et en Autriche.
Sur ce sujet de l'asile, la commissaire Cecilia Malmström a d'ailleurs rappelé dans une tribune au Tagesspiegel leurs responsabilités aux États membres, alors que certains volets du 'paquet asile' sont toujours bloqués. Elle a notamment demandé aux 27 de s'engager à finaliser le système européen d'asile à la fin 2012. La commissaire a aussi rappelé qu'au printemps 2011, seulement six pays (dont Allemagne, France, Royaume-Uni) concentraient 75% des demandes d'asile. Les autres États membres « peuvent et doivent faire plus », a-t-elle dit. L'UE pourrait encore recevoir davantage de réfugiés. Après la guerre en Libye, a-t-elle ajouté, 700 000 personnes ont fui leur pays et se sont abrités dans les pays voisins et sur les 8 000 personnes désignées comme celles ayant le plus besoin de protection, « l'UE n'en a pris que 400 ». Presque autant que la Norvège toute seule, qui ne fait pas partie de l'UE. (SP)